BEPA 2012 : corrigé d’expression écrite, tourisme
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Proposition de corrigé — non officielle. BEPA, toutes options, expression écrite, session 2012, Métropole, Réunion et Mayotte, code 2012-BEP10-NOR-ME-RE-MA. Les quatre questions sont traitées.
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Question 1 — Destruction et malheur
Quatre expressions du document 1 conviennent : « noyées de béton », « zone maladive », « bidonvilles rongent » et « détruire la virginité ». Elles montrent une dégradation des espaces et des conditions de vie. Il faut relever les mots du texte, et non remplacer le relevé par des synonymes.
Question 2 — Activités et conséquences positives
| Activités des populations d’accueil | Conséquences positives mentionnées |
|---|---|
| Concevoir et accueillir des séjours, guider les voyageurs, proposer hébergement et repas, organiser des randonnées (documents 2 et 3) | Revenus mieux partagés et développement décidé avec les communautés ; échanges de connaissances et apprentissage de langues |
| Produire des aliments pour les visiteurs, gérer le campement et ses équipements (document 3) | Financement de puits, d’une école et d’un dispensaire ; amélioration de la vie locale |
| Guider les sorties naturalistes, organiser des visites en calèche, pêcher les écrevisses, élever taureaux et chevaux, pratiquer l’apiculture, accueillir et restaurer en Camargue (document 4) | Emplois locaux (62 à la date du reportage de juillet 2009), valorisation du territoire et entretien du milieu par le pâturage |
Les documents décrivent des exemples à leur date de publication. Les équipements annoncés comme futurs dans l’article de 2009 ne doivent pas être présentés comme déjà réalisés. Dans le document 2, 6 % du prix de chaque voyage contribue aux projets cités : ce montant est propre à l’association décrite.
Question 3 — Anecdote littéraire de proximité
La consigne accepte une situation observée dans un livre. Voici un récit fondé sur Aller aux mûres, de Philippe Delerm, dans La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, également proposé dans une annale de CAP agricole de 2011.
À la fin de l’été, quelques amis décident de cueillir des mûres. Leur sortie commence par un simple appel : les uns avaient déjà eu la même idée que les autres. Ils retournent sur une petite route familière, à la lisière d’un bois. Chacun emporte une boîte pour recueillir les fruits, mais personne ne se transforme en cueilleur pressé de remplir son récipient.
La promenade offre bien plus qu’une récolte. Les promeneurs goûtent les baies encore acidulées, observent les couleurs des ronces et essuient leurs mains tachées sur les herbes. Ils imaginent les confitures de l’automne et le sorbet qu’ils pourront manger le soir. Pendant ce temps, les conversations suivent leur cours. Les enfants parlent de la rentrée qui approche, avec leurs craintes et leurs attentes.
Il n’y a ni destination lointaine ni aventure spectaculaire. Pourtant, cette marche renouvelle l’attention portée au paysage et réunit les générations. Une route connue devient un lieu de découvertes sensibles et de paroles partagées. Le récit montre ainsi que la proximité n’empêche ni le dépaysement ni le plaisir : il suffit parfois de ralentir pour voir autrement ce qui est près de nous.
Question 4 — Voyage, rencontres et échanges
Voyager peut offrir l’occasion de rencontrer des personnes et de découvrir des façons de vivre différentes. Cependant, le déplacement ne suffit pas : la rencontre dépend de la place donnée aux habitants et de l’attitude du voyageur.
Les documents sur le tourisme équitable montrent d’abord l’intérêt d’une participation réelle des populations d’accueil. Au campement marocain, les repas, l’hébergement et les randonnées sont assurés par des personnes du lieu. Les visiteurs ne se contentent donc pas de regarder un paysage : ils entrent en relation avec ceux qui y vivent. Les conversations favorisent l’apprentissage des langues et la circulation des connaissances. Chacun peut recevoir quelque chose de l’autre.
L’échange peut également avoir des effets matériels. Le document 2 décrit une contribution aux projets locaux ; le reportage évoque des puits, une école et un dispensaire. En Camargue, l’accueil touristique crée des emplois et s’associe à la restauration d’un milieu naturel. Les revenus du voyage peuvent ainsi soutenir le territoire, lorsque leur usage bénéficie à ceux qui l’habitent.
Mais cette possibilité n’est pas automatique. Lévi-Strauss rappelle que les voyageurs peuvent aussi rencontrer des espaces dégradés par les activités de leur propre civilisation. Un tourisme qui impose ses besoins, accapare les ressources ou transforme les habitants en spectacle ne produit pas un échange équilibré. Il faut pouvoir écouter, accepter de ne pas tout comprendre immédiatement et respecter le choix des communautés.
Enfin, la rencontre ne se mesure pas à la distance parcourue. Une sortie proche peut faire découvrir un métier, un milieu naturel ou une histoire locale. Ce qui compte est l’attention portée au lieu et aux personnes, plutôt que le prestige de la destination.
Le voyage devient donc une occasion d’échange lorsqu’il associe curiosité, respect et réciprocité. Il enrichit le visiteur sans considérer le pays d’accueil comme un simple décor disponible.