Corrigé BTS maritime 2026 — Culture maritime et expression française
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Proposition de corrigé — non officielle. Brevet de technicien supérieur maritime, session 2026, culture maritime et expression française : trois heures. Les trois questions et la note de synthèse des douze pages sont traitées, avec les six supports.
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1. Réponses aux questions du corpus — 7 points
1.1. L’action de la marée sur le littoral — 2 points
La marée ne creuse pas principalement la côte par la lente montée ou descente de l’eau. Elle déplace le niveau auquel les vagues frappent le rivage. À mesure que l’eau monte puis descend, les vagues attaquent successivement différentes parties de la falaise. Un grand marnage élargit donc la zone soumise à leur action.
Le support 1 distingue trois effets des vagues : la rupture des matériaux par les chocs, leur usure par frottement et l’enlèvement de la base des falaises. Ce dernier mécanisme déstabilise la paroi et favorise son écroulement. Les tempêtes venant de l’ouest renforcent ces attaques dans la Manche. La marée et les vagues agissent ainsi ensemble, mais leurs rôles ne se confondent pas : la première règle la hauteur d’attaque ; les secondes exercent l’action érosive décrite.
1.2. L’homme et la mer chez Baudelaire — 2 points
La relation associe attirance, ressemblance et affrontement. L’apostrophe « Homme libre » ouvre un dialogue et présente la mer comme un objet d’amour. La métaphore « La mer est ton miroir » rapproche le paysage marin de la vie intérieure : l’homme contemple son âme en regardant les vagues.
Le lexique de la profondeur, avec « gouffre » et « abîmes », unit l’esprit humain aux fonds marins. Tous deux demeurent difficiles à connaître. Les adjectifs « ténébreux et discrets » et les « secrets » suggèrent une intimité inaccessible. La personnification de la mer permet aussi de lui prêter une plainte et une volonté de préserver ses richesses.
Cependant, la dernière strophe rompt avec la seule contemplation. Le champ lexical de la violence — « combattez », « carnage », « mort » — transforme la relation en lutte sans fin. L’expression finale « frères implacables » rapproche deux êtres semblables tout en soulignant leur hostilité. La mer est donc un reflet de l’homme, une source de fascination et un adversaire, et non un simple décor paisible.
1.3. Les effets de l’érosion et les réponses possibles — 3 points
L’érosion emporte des terres, menace les propriétés et déstabilise le littoral. Elle s’ajoute aux risques de submersion : la hausse du niveau marin et les tempêtes exposent notamment les zones basses et les estuaires. La carte du support 5 met en évidence plusieurs secteurs vulnérables, dont les marais du Cotentin et du Bessin et l’estuaire de la Seine. Elle illustre un niveau d’eau de +1 m, sans dater à elle seule une inondation future.
Le support 3 rapporte le succès local revendiqué par un propriétaire de Guernesey après la pose de blocs de granit. Cette protection coûteuse contraste avec le support 4 : digues et enrochements peuvent transférer les difficultés vers d’autres secteurs. Une efficacité ponctuelle ne prouve donc pas une efficacité pour tout le littoral.
Le support 6 présente une adaptation plus large : observer les évolutions, coordonner les collectivités, adapter l’urbanisme, envisager la relocalisation d’habitations et soutenir les dunes par des dispositifs de bois et de végétalisation. La réponse combine protection locale et recomposition du territoire, en tenant compte des effets à long terme.
2. Proposition de note de synthèse — 9 points
La consigne demande entre 405 et 495 mots. La note suivante traite les six documents, sans ajouter de données extérieures.
Le littoral normand : comprendre la menace, organiser l’adaptation
Le littoral normand entretient avec la mer une relation faite d’attachement et de vulnérabilité. Les six documents du corpus confrontent une représentation poétique à des analyses géographiques, des témoignages et des réponses publiques. Ils montrent que la mer transforme durablement les côtes et oblige leurs habitants à préparer l’avenir.
Dans l’étude collective « Les côtes des Iles Normandes de la Manche », publiée en 1896 dans la revue géographique Le Globe, les auteurs décrivent l’action combinée des vagues et des marées. Les premières brisent les matériaux, les usent et sapent les falaises ; les secondes multiplient les hauteurs d’attaque. L’érosion apparaît ainsi comme un processus ancien, capable de remodeler progressivement les îles et leurs rivages. Le texte ne présente donc pas la côte comme un espace immobile.
Cette puissance trouve un écho dans « L’homme et la mer », poème de Charles Baudelaire issu des Fleurs du mal, en 1857. La mer y reflète l’intériorité humaine et suscite l’amour, mais elle reste mystérieuse et devient une adversaire. La fraternité finale n’abolit pas l’affrontement. Le document 2 exprime ainsi, sur le registre littéraire, l’ambivalence que les autres supports donnent à voir concrètement.
Les conséquences concernent directement les territoires habités. L’article « Le littoral normand menacé par la mer », paru dans La Manche Libre en 2012, évoque des communes exposées aux submersions. Il souligne toutefois la diversité des évolutions : certains rivages s’érodent, tandis que d’autres connaissent des mouvements inverses. La carte de l’ONG Climate Central, tirée du Coastal Risk Screening Tool, représente les territoires menacés pour un niveau d’eau supérieur d’un mètre. Les secteurs bas du Cotentin et de l’estuaire de la Seine ressortent particulièrement. Cette représentation spatiale complète l’alerte du document 4, sans constituer le calendrier d’une catastrophe.
Face à ces risques, les protections matérielles offrent des réponses limitées. Le reportage de BBC News Service, « Un propriétaire foncier de Guernesey lutte contre l’érosion côtière », publié en 2013, rapporte l’arrêt local de l’érosion après l’installation de blocs de granit financés par un particulier. Mais le document 4 avertit que certains ouvrages déplacent le problème. La protection d’une propriété ne suffit donc pas à garantir celle des côtes voisines.
Enfin, l’article du Conseil régional de Normandie, « Littoral normand : le défi du changement climatique », présente une démarche collective d’adaptation. L’observation scientifique accompagne des choix d’aménagement, de relocalisation ou de restauration des dunes. Les documents d’urbanisme et les activités doivent aussi évoluer. Il ne s’agit plus seulement de contenir la mer à chaque point du rivage, mais d’anticiper les transformations pour conserver un territoire habitable et attractif.
Lire correctement les documents
La synthèse distingue érosion — perte de matériaux et recul du rivage — et submersion — recouvrement temporaire ou durable de terres par l’eau. Les deux risques peuvent se combiner, sans être identiques.
Le support 6 emploie une formule sur des marées à fort coefficient devenant vingt fois plus fréquentes. Pour la note, il est préférable de retenir l’augmentation des risques liés aux hauts niveaux marins : ne pas transformer cette formule en une démonstration sur la modification des coefficients astronomiques. De même, les dates anciennes des supports doivent être conservées : leurs observations et projections ne sont pas des mesures réalisées en 2026.