Corrigé CAP agricole français 2015 : les abeilles
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Proposition de corrigé — non officielle. CAP agricole, C1 expression française et communication, session 2015, Antilles-Guyane (2015-CAP47-NOR-AN-GU).
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Question 1 — La pollinisation et les menaces
a. Définition
La pollinisation est le transport du pollen vers la partie réceptrice de la fleur, ce qui permet ensuite la fécondation lorsqu’elle est compatible. En butinant, les abeilles transportent du pollen entre les fleurs. Elles contribuent ainsi à la reproduction de nombreuses plantes et à la production de fruits et de graines.
Les abeilles ne sont pas les seuls pollinisateurs et toutes les plantes ne dépendent pas d’elles. Il faut éviter de transformer leur rôle essentiel en une dépendance absolue de toute l’alimentation.
b. Deux causes de danger dans le document 1
Le document évoque la diminution de la biodiversité, qui réduit les ressources disponibles, et la raréfaction de la nourriture, qui fragilise le développement et la reproduction des abeilles. Ces mécanismes s’entretiennent : moins de pollinisateurs peut aussi nuire à certaines plantes.
Les pesticides et la monoculture sont surtout explicités dans le document 2. Ils peuvent compléter l’analyse d’ensemble, mais la question demande d’abord un relevé dans le premier document.
Question 2 — Les enjeux pour les humains
a. Thème commun
Les trois documents portent sur la protection des abeilles, leur rôle dans la pollinisation et les conséquences de leur déclin pour la biodiversité et l’agriculture.
b. Conséquences d’une disparition
Le recul de la pollinisation peut réduire la production de certaines cultures et la diversité des aliments disponibles. Il fragilise aussi les écosystèmes et les activités agricoles dépendantes de ce service. Les documents donnent notamment des exemples de fruits et de plantes utilisées dans l’alimentation animale.
Cela ne signifie pas que toute production alimentaire cesserait : les céréales comme le blé ne reposent pas sur la pollinisation des abeilles. Les pourcentages et formules alarmantes du dossier doivent être replacés dans leurs sources et leur époque, sans être transformés en prévision scientifique universelle.
c. L’action de Greenpeace à Rennes
Les militants sont réunis au marché des Lices pour informer le public du déclin des abeilles, dénoncer certaines pratiques agricoles et demander des mesures contre les pesticides qu’ils jugent nocifs. Ils diffusent également un guide destiné à orienter les choix des consommateurs et à interpeller les industriels.
Question 3 — Une abeille et une bombe à retardement
a. Description
L’affiche de Terre d’Abeilles montre une abeille portant un dispositif évoquant des bâtons d’explosif et un réveil. Un grand slogan demande l’arrêt du massacre. Au-dessus figure une phrase attribuée à Einstein, qui annonce un délai de quatre ans pour l’humanité après la disparition de l’abeille.
L’insecte est isolé sur un fond clair. Le contraste d’échelle et l’association à l’explosif donnent une image simple et frappante, destinée à provoquer une réaction.
b. Cohérence du message et limites
L’image du compte à rebours est cohérente avec l’alerte du slogan et avec la phrase imprimée : elle suggère une urgence dont les conséquences toucheraient aussi les humains. La publicité cherche à faire agir, en utilisant la peur et la responsabilité collective.
Cette cohérence publicitaire ne prouve pas la vérité scientifique de la formule. Son attribution à Einstein n’est pas établie ; l’Université de Californie en signalait déjà le problème en 2011. Il faut donc analyser la citation comme un élément de la campagne, sans affirmer que l’humanité disparaîtrait nécessairement au bout de quatre ans.
Question 4 — Proposition de texte pour un établissement
La protection des abeilles peut devenir un projet concret dans un établissement scolaire. Il ne suffit pas d’installer un symbole : il faut améliorer leurs ressources et apprendre à observer les pollinisateurs.
Une première action serait de laisser des espaces fleuris et de diversifier les plantes, avec des floraisons à différentes périodes. Une partie des pelouses pourrait être fauchée moins souvent lorsque les usages et la sécurité le permettent. Les élèves pourraient suivre les observations et comparer les zones, sans capturer ni manipuler les insectes.
L’établissement pourrait aussi revoir l’entretien de ses espaces avec les professionnels compétents, pour limiter les pratiques nuisibles et préserver des habitats. Planter sans réfléchir à l’eau, au sol et aux espèces locales ne serait pas suffisant. Il vaut mieux construire un projet durable qu’une action visible pendant une seule semaine.
La sensibilisation est également utile : une rencontre avec un spécialiste, une exposition ou un travail sur les cultures pollinisées montrerait le lien avec l’alimentation. Une ruche n’est pas une obligation ; sa présence demanderait un encadrement, des compétences et une prise en compte des risques et du contexte écologique.
Enfin, les élèves pourraient expliquer les résultats aux autres classes et proposer des achats ou des pratiques cohérents. Les exemples personnels demandés dans le sujet doivent venir de leur établissement réel. Agir pour les abeilles consiste ainsi à associer connaissances, aménagements adaptés et suivi dans le temps.