CAPa 2011 : corrigé de français, Polynésie

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Proposition de corrigé — non officielle. CAP agricole, toutes options, session 2011, Polynésie, expression française, code 2011-CAP31-NOR-PO. Questions et expression écrite traitées.

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Questions de compréhension et de langue

1. Titre proposé

Un projet de vie au plus près de la nature. Le titre annonce les aspirations du nouvel habitant et permet de comprendre le désaccord entre son enthousiasme et les réserves d’Ugolin.

2. Champ lexical

Le champ lexical de la nature et de l’agriculture domine. On peut relever « jardin », « oliviers », « vigne » et « blé ». Ces mots renvoient aux productions dont le personnage souhaite vivre.

3. Une conclusion irréfutable

Dans le contexte, le personnage présente son choix comme une conclusion qu’il estime impossible à contester. Il affirme avoir longuement réfléchi au bonheur avant de décider de vivre au contact de la nature. Cela exprime sa conviction ; le dialogue montre justement qu’Ugolin peut en discuter les conditions concrètes.

4. Types de phrases et conjugaison

a) La première réplique se termine par un point d’interrogation et sollicite une réponse : elle est à lire comme une interrogation dans le dialogue. Sa construction est particulière : une principale déclarative introduit une interrogation indirecte. La réponse d’Ugolin a une valeur exclamative, marquée par le point d’exclamation et l’affirmation expressive.

b) Le verbe verrons est au futur simple de l’indicatif, première personne du pluriel.

c) À l’imparfait, on obtient nous voyions. Il faut conserver le « y » du radical voy- et ajouter la terminaison -ions, qui contient un seul « i ».

5. Le mode de vie recherché

Le personnage souhaite quitter une vie principalement intellectuelle pour vivre au contact du monde naturel. Il veut disposer d’air et d’espace, travailler la terre et se nourrir de ses propres productions. Légumes, huile, œufs, vin et pain formeraient une autonomie alimentaire. Il associe ce projet à la sincérité et au bonheur. Ugolin rappelle cependant les délais de production, les prédateurs et le manque d’eau : le désir d’authenticité ne supprime pas les contraintes agricoles.

Expression écrite — Une rencontre trois ans plus tard

Voici une suite imaginée, et non la suite du roman de Pagnol. Elle comprend une description, un échange et une évolution de la situation.

Trois ans avaient passé. Ugolin s’arrêta devant le jardin, où quelques rangées de légumes entouraient désormais un bassin. Sous les oliviers, les herbes avaient été coupées. Le propriétaire releva la tête et posa son outil contre le mur.

— Alors, demanda Ugolin, elle vous plaît toujours, votre vie dans la nature ?

— Oui, répondit-il. Mais elle m’a appris à être moins pressé.

Ugolin observa les jeunes pousses au pied de la vigne.

— Je vous avais dit qu’il faudrait du temps.

— Vous aviez raison. Et j’ai compris qu’aimer les légumes ne suffit pas à les faire pousser.

Un léger sourire passa sur le visage du visiteur. L’autre ouvrit le portillon et l’invita à regarder le bassin.

— J’ai commencé par recueillir l’eau de pluie. Tout n’a pas réussi, mais le jardin donne enfin de quoi préparer nos repas.

— Et le pain de votre blé ?

— Ce sera peut-être pour plus tard. Aujourd’hui, je me contente de ne plus prendre mes rêves pour des récoltes.

Ils continuèrent à marcher entre les rangées. Pour la première fois, leur conversation portait autant sur le travail accompli que sur les projets à venir.