Concours commun C 2015 : corrigé du cas pratique sur le commerce électronique

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Proposition de corrigé — non officielle. Le sujet officiel archivé du concours commun de catégorie C 2015 réunit des questions sur le dossier, une application numérique et une rédaction. Les calculs utilisent les hypothèses expressément données par l’épreuve ; les statistiques d’ensemble citées dans les annexes portent parfois sur un périmètre différent. Retrouver les annales du concours commun C.

I. Questions sur le dossier

1. Une stratégie multicanal. Une entreprise combine plusieurs voies de vente et de relation avec ses clients : magasin, site Internet, application mobile et, selon le cas, réseaux sociaux. Le client peut rechercher un produit en ligne, consulter sa disponibilité, l’acheter sur le site ou en boutique, puis le retirer dans un point de vente. Le document 8 montre que ces canaux se complètent lorsque les stocks, les informations et le service sont cohérents d’un point de contact à l’autre.

2. Pourquoi certains secteurs sont déstabilisés. Le document 2 décrit des enseignes américaines de livres, disques, vidéos ou électronique qui ont perdu leur clientèle faute d’adapter leur offre aux achats et aux contenus numériques. Les magasins supportent des locaux et des réseaux de vente que des acteurs en ligne organisent différemment. Le document 3 montre que même un service matériel, comme une nuit d’hôtel, peut être déplacé vers une plateforme de réservation. La plateforme concentre le trafic grâce à sa visibilité dans les moteurs de recherche, à un vaste choix et à l’effet de réseau : plus elle attire de clients, plus les fournisseurs doivent y être présents. Les petits hôtels gagnent des réservations, mais peuvent devenir dépendants d’un intermédiaire qui prélève une commission et maîtrise l’accès au client. La concurrence numérique modifie donc à la fois les prix, la distribution, la publicité et le rapport de force entre vendeur, intermédiaire et acheteur. Le dossier décrit une évolution du marché, pas la disparition certaine de tout commerce physique.

3. Le commerce de détail. C’est la vente de biens au consommateur final, généralement en petites quantités, par opposition au commerce de gros qui vend surtout à des professionnels. Les documents 1 et 6 examinent notamment ses ventes réalisées par Internet ; la commande peut être en ligne alors que le paiement ou la remise du produit intervient ailleurs.

4. Définitions. Un réseau est un ensemble de personnes, de points de vente, d’appareils ou de services reliés entre eux : dans le dossier, le mot désigne notamment les réseaux numériques, bancaires ou de magasins. Des garde-fous sont des précautions et règles destinées à limiter un risque. Le document 7 vise ainsi la sécurité des paiements mobiles, la fiabilité des connexions, la protection des données personnelles et une régulation contre les systèmes trop fermés.

II. Applications : chiffre d’affaires des ventes sur Internet

1. Tableau et calculs

Le sujet fixe 0,15 milliard d’euros en 1999 et indique une multiplication par dix entre 1999 et 2003 : la valeur 2003 est donc 1,5 milliard. Pour les années suivantes, chaque calcul part de la valeur arrondie au dixième de l’année précédente, comme le demande l’énoncé.

Faites défiler le tableau horizontalement pour consulter toutes les colonnes.

AnnéeCalcul à partir de l’année précédenteChiffre d’affaires arrondi, en milliards d’euros
20030,15 × 101,5
20041,5 × 1,34 = 2,012,0
20052,0 × 1,34 = 2,682,7
20062,7 × 1,34 = 3,6183,6
20073,6 × 1,34 = 4,8244,8
20084,8 × 1,34 = 6,4326,4
20096,4 × 1,34 = 8,5768,6
20108,6 × 1,16 = 9,97610,0
201110,0 × 1,16 = 11,611,6

Les trois calculs demandés en détail sont donc : 2003 : 0,15 × 10 = 1,5 ; 2007 : 3,6 × 1,34 = 4,824, soit 4,8 ; 2010 : 8,6 × 1,16 = 9,976, soit 10,0 milliards d’euros. La progression de 34 % s’applique chaque année de 2004 à 2009 ; celle de 16 % commence en 2010.

2. Courbe, droite d’approximation et projection

Chiffre d’affaires Web demandé par le sujet et droite d’approximation, 1999 à 2015Points observables : 1999 et 2003 à 2011. Les années 2000 à 2002 restent inconnues. La droite reliant 1999 et 2011 est prolongée jusqu’à 15,4 milliards d’euros en 2015.05101519992003200720112015Milliards d’eurosC : données du sujetD : approximation linéaire

Dans le repère demandé, on place A (1999 ; 0,15), puis les valeurs de 2003 à 2011 du tableau. La courbe C augmente fortement sur cette période. Les valeurs de 2000, 2001 et 2002 ne sont pas fournies : il faut laisser cet intervalle sans points annuels précis, plutôt que d’inventer une série. Le graphique ci-dessus relie les observations disponibles de 2003 à 2011 et matérialise l’intervalle initial par une liaison indicative.

La droite D passe par A et B (2011 ; 11,6). Sa pente vaut (11,6 − 0,15) ÷ (2011 − 1999) = 11,45 ÷ 12 ≈ 0,954 milliard d’euros par an. Son équation, avec l’année notée t, est D(t) = 0,15 + 0,95417 × (t − 1999). En prolongeant cette droite jusqu’en 2015, on obtient 0,15 + 0,95417 × 16 ≈ 15,4 milliards d’euros. Il s’agit de la lecture demandée sous l’hypothèse d’une évolution linéaire ; ce n’est pas une statistique effectivement observée en 2015 ni une prévision à présenter comme certaine.

III. Rédaction proposée : succès et sécurité du commerce électronique

En quelques années, acheter un billet de train, un livre ou un appareil sans se rendre en magasin est devenu courant. Le dossier montre l’ampleur de ce changement : les ventes en ligne progressent, de nouveaux intermédiaires émergent et les commerçants classiques adaptent leurs pratiques. Ce succès tient à des avantages réels pour le client et pour le vendeur. Il dépend aussi de la confiance : une fraude au paiement, une livraison défaillante ou une fausse promotion peuvent décourager l’acheteur.

Pour le consommateur, Internet rend l’offre accessible à toute heure et depuis de nombreux lieux. Il permet de comparer rapidement les caractéristiques et les prix, de consulter des avis et de choisir entre une livraison et un retrait en magasin. Les plateformes réunissent sur un même site de nombreux vendeurs ou prestataires, ce qui facilite la recherche. Les usages mobiles prolongent cette commodité. Pour les entreprises, un site élargit la clientèle au-delà de la zone de chalandise d’un magasin ; il peut aussi réduire certains coûts de distribution et aider à connaître les produits recherchés. Le document 8 montre que le magasin garde ses atouts : conseil, essai, proximité et remise immédiate. Une stratégie multicanal relie les deux univers plutôt que de les opposer.

Le succès crée toutefois de nouveaux risques. Les coordonnées bancaires peuvent être volées sur un site, par hameçonnage ou lors d’une opération frauduleuse. Le document 4 présente des réponses envisagées à l’époque de l’épreuve : numéros temporaires de carte, authentification complémentaire, cryptogramme dynamique ou biométrie. Ces procédés ne remplacent pas la vigilance. L’acheteur doit pouvoir reconnaître le vendeur, connaître le prix total et les frais, utiliser un paiement sécurisé, conserver une trace de la commande et vérifier les débits de son compte. Les commerçants et les prestataires de paiement doivent protéger leurs systèmes et limiter la collecte des données au nécessaire. Pour les achats mobiles, la sécurité des applications et des connexions exige la même attention.

La confiance dépend aussi de l’exécution de la vente. Les informations sur la disponibilité, la livraison, le service après-vente et les possibilités de rétractation doivent être claires avant le paiement. Le document 9 rapporte des contrôles de la DGCCRF : prix de référence injustifiables, produits annoncés en promotion mais indisponibles, remises inexactes ou obstacles à la rétractation. Des contrôles ciblés, des sanctions adaptées et une information simple des consommateurs aident à prévenir ces pratiques. Les plateformes qui mettent en relation acheteurs et vendeurs doivent rendre compréhensible le rôle de chaque intervenant et le recours possible en cas de problème.

Le commerce électronique prospère donc parce qu’il donne du choix, du temps et de la souplesse, tout en ouvrant de nouveaux marchés. Sa croissance ne suffit pas à elle seule à établir une relation durable. Une vente fiable associe sécurité des paiements, protection des données, promesses commerciales vérifiables et capacité à résoudre les litiges. C’est à ces conditions que le consommateur peut profiter de la facilité d’achat sans supporter seul les risques du numérique.