Corrigé contrôleur des finances publiques interne 2026 : espaces de travail et télétravail
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Cette proposition de correction non officielle traite l’ensemble du sujet de la session 2026, voie interne. Elle s’appuie sur les données et les documents fournis dans cette épreuve.
Le sujet officiel comporte 28 pages. Retrouvez les autres épreuves dans le catalogue du concours.
Question 1 — La transformation des espaces de travail de l’État
Des bureaux conçus pour une autre organisation du travail
Les bâtiments tertiaires de l’État comportent encore souvent des bureaux cloisonnés, distribués selon la hiérarchie et affectés durablement à une seule personne. Cette organisation offre peu de lieux pour travailler en équipe, tenir une courte réunion, s’isoler pour un appel confidentiel ou se concentrer. Elle s’accorde mal avec les missions conduites en mode projet et avec les échanges entre services. Un même agent n’occupe d’ailleurs pas le même type de poste tout au long de sa journée.
Le travail hybride accentue ce décalage : les postes individuels restent parfois vides les jours de télétravail alors que les équipes manquent de salles collectives lorsque leurs membres reviennent. La transformation répond donc à deux besoins liés : offrir de meilleures conditions de travail, plus souples et plus ergonomiques, et utiliser avec mesure les surfaces financées par l’État. L’attractivité des services, la sobriété énergétique et le coût des loyers, de l’entretien et des travaux renforcent cette nécessité. Réduire la surface sans adapter les usages créerait toutefois des bureaux plus encombrés, sans résoudre le besoin de collaboration.
Une doctrine immobilière fondée sur les usages
La direction de l’immobilier de l’État (DIE) anime depuis plusieurs années la réflexion interministérielle. Un groupe de travail engagé en 2020 et le rapport sur « l’immobilier public de demain » publié en 2021 ont préparé une approche où l’immeuble sert les missions et les personnes qui y travaillent. La circulaire du 8 février 2023 sur l’occupation des immeubles tertiaires de l’État en fixe le cadre. Elle invite à mesurer les besoins à partir des résidents, c’est-à-dire des personnes qui utilisent régulièrement le bâtiment en tenant compte de leur présence réelle, et de la surface utile brute. Le point de repère est de 16 m² par résident, avec un plafond de 18 m² par résident. Ce ratio guide les projets d’acquisition, de bail, de construction ou de réaménagement ; il ne prescrit pas à lui seul le nombre de postes, ni le partage obligatoire de tous les bureaux. L’ambition exposée par la DIE est de réduire d’un quart les surfaces de bureaux de l’État sur dix ans, tout en conservant un cadre adapté au service rendu.
La méthode consiste d’abord à examiner les missions, les effectifs, la présence effective, les déplacements et les activités de chaque équipe. Elle conduit ensuite à répartir différemment les mètres carrés : postes individuels ou partagés lorsque les tâches le permettent, petites salles d’échange, salles de réunion de diverses capacités, espaces calmes, bulles pour les appels et lieux de convivialité. Les postes partagés peuvent rester regroupés par équipe afin que les collègues retrouvent facilement leur collectif. Les besoins de confidentialité, d’accessibilité, de lumière, d’acoustique et d’équipement numérique doivent être pris en compte avant de fixer le plan. La doctrine admet une mutualisation partielle ou totale si l’activité le justifie ; aucun modèle unique n’est imposé à toutes les administrations.
Un tel réaménagement est aussi un projet de management. Il modifie les habitudes, la façon de se réunir et la répartition de la présence. La direction doit porter le projet, associer les agents et leurs responsables dès le diagnostic, tester les scénarios, puis accompagner l’installation et évaluer les usages. La circulaire demande un dialogue de qualité avec les représentants du personnel et l’articulation de l’aménagement avec le télétravail. Cette participation évite de traiter une norme de surface comme une simple opération comptable.
Des moyens et des réalisations pour passer de la doctrine aux bâtiments
La DIE conseille les occupants et diffuse des fiches, des exemples et des webinaires. Son propre réaménagement à Bercy, réalisé pour environ 130 agents, a fait intervenir un groupe projet, des enquêtes, des visites, des spécialistes de l’ergonomie et de l’acoustique, ainsi que des maquettes d’aménagement. Les espaces offrent plusieurs types de postes et de salles, tout en conservant des zones d’équipe. Cet exemple montre que la concertation et l’ajustement aux usages comptent autant que le dessin des locaux.
L’État a également mobilisé le Fonds pour la transformation de l’action publique avec la direction interministérielle de la transformation publique. L’appel à projets lancé en 2022 a reçu 128 dossiers ; 43 projets ont été retenus en février 2023, avec 20 millions d’euros annoncés au total, dont 10 millions issus de ce fonds. L’aide pouvait couvrir jusqu’à 75 % du coût éligible d’un projet, dans la limite de 1,5 million d’euros par projet. Ces projets ont vocation à servir de démonstrateurs : ils associent des aménagements plus variés, l’accompagnement des équipes, l’optimisation des surfaces et la performance environnementale. Les exemples du dossier, notamment dans un service du cadastre à Amiens et une direction régionale des finances publiques à Toulouse, montrent que la démarche peut prendre des formes différentes selon les métiers et les locaux.
La transformation engagée par l’État répond ainsi à l’évolution du travail sans dissocier économies immobilières et qualité des conditions de travail. Sa réussite se mesure à l’usage réel des espaces, à la possibilité pour les équipes d’accomplir leurs missions et au maintien du collectif, et non au seul nombre de mètres carrés libérés.
Question 2 — Mise en place et effets du télétravail à la DGFiP
Une demande volontaire organisée avec le service
À la DGFiP, le télétravail s’appuie sur un protocole de ressources humaines mis en place en 2021. Il repose sur le volontariat de l’agent et sur un échange avec son responsable. Il est accessible en principe quels que soient le grade, le statut ou la quotité de travail, dès lors que les activités sont réalisables à distance. L’agent doit pouvoir travailler de façon assez autonome, disposer d’un espace conforme aux règles de sécurité électrique, d’une connexion et d’un téléphone, et accéder aux applications métiers autorisées. Il n’existe pas d’ancienneté minimale générale dans le poste ; une période d’adaptation de trois mois au plus peut être décidée pour un agent nouvellement recruté ou débutant le télétravail.
La demande et l’autorisation sont gérées dans SIRHIUS. Elles précisent le lieu de travail, les jours retenus et les horaires ou plages de joignabilité. Le travail peut s’effectuer au domicile, dans un autre lieu privé ou dans un lieu professionnel compatible avec un retour raisonnable sur site lorsque le service l’exige. La DGFiP distingue les jours fixes réguliers, les jours flottants ponctuels et le télétravail lié à une situation exceptionnelle. L’autorisation doit concilier l’intérêt de l’agent avec la continuité du service. Une mutation met fin à l’ancienne autorisation et nécessite une nouvelle demande, alors que le seul changement de chef de service ne l’annule pas automatiquement. Selon l’extrait d’Ulysse de mai 2025, 53 273 agents disposaient alors d’au moins une autorisation : ce nombre décrit la situation à cette date, et non la présence quotidienne à distance.
Des avantages encadrés pour l’agent
Le télétravail réduit les déplacements et peut faciliter l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Il donne davantage d’autonomie dans l’exécution de tâches adaptées. La DGFiP fournit un ordinateur portable et un accès sécurisé par VPN aux outils autorisés ; les moyens de téléphone et de collaboration sont prévus selon les besoins. Les jours réellement télétravaillés et validés dans SIRHIUS ouvrent droit à une allocation forfaitaire selon les règles applicables. La note départementale de 2023 citait 2,88 € par jour dans la limite de 253,44 € par an à cette date ; ce barème historique ne suffit pas à déterminer, à lui seul, un montant ultérieur.
La distance comporte aussi des contraintes : l’agent doit protéger les données, respecter les horaires de contact et les obligations déontologiques, garder un espace de travail adapté et préserver son droit à la déconnexion. L’isolement, la multiplication des échanges numériques ou la confusion entre temps personnel et professionnel peuvent affecter la santé. Une formation « Devenir télétravailleur » est rendue obligatoire pour chaque nouveau candidat par la note de la Somme de 2023 ; guides et outils de prévention complètent cet accompagnement. Le télétravail n’empêche pas le retour sur site lorsque la mission le nécessite : la note prévoit normalement un préavis de 48 heures, sauf urgence exceptionnelle et imprévisible.
Un collectif à piloter autrement
Le manager examine l’éligibilité des activités, l’autonomie et les besoins d’accueil, puis fixe avec l’agent les jours et les plages de joignabilité. Il doit organiser les permanences, les réunions et les temps communs, répartir les tâches avec équité entre présents et télétravailleurs, et suivre les résultats sans assimiler présence physique et travail accompli. Un planning partagé rend visibles les jours sur site, les absences et les congés. Les outils comme la visioconférence, la messagerie professionnelle Tchap et la plateforme collaborative NOVAE aident à maintenir les échanges ; ils ne remplacent pas toutes les rencontres d’équipe. La note départementale demande aussi de veiller aux risques psychosociaux et d’accompagner les encadrants par des formations au management à distance.
Le responsable peut demander ponctuellement une présence nécessaire au service et motiver une suspension exceptionnelle du télétravail pour une activité collective urgente. Il doit surtout anticiper : planifier l’accueil du public, les périodes de charge, les remplacements et les jours où l’équipe a besoin de se retrouver. Le télétravail fonctionne alors comme une modalité ordinaire de l’organisation, articulée aux nouveaux espaces de travail : les bureaux moins occupés certains jours peuvent être réaménagés, tandis que les jours communs doivent disposer de lieux suffisants pour collaborer.