DAEU UPPA 2025 : corrigé de sociologie et économie
Aller à un exercice ou une partie
Proposition de corrigé — non officielle. DAEU A 2025 : socialisation, abstention et dissertation sur le pouvoir intégrateur du travail.
Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Télécharger une copie du sujet · Retrouver les annales
Partie 1 : mobilisation des connaissances
1. Famille, socialisation et réussite scolaire
La famille est un ensemble de personnes liées par la parenté, l’alliance ou la filiation. Elle ne se confond pas avec le ménage : des parents peuvent habiter séparément. La socialisation est le processus par lequel on apprend et intériorise des normes, des valeurs et des façons d’agir.
Selon les milieux sociaux, les pratiques familiales ne familiarisent pas de la même manière avec les attentes scolaires : rapport à l’écrit, vocabulaire, prise de parole, habitudes de lecture ou connaissances sur les parcours. Les ressources matérielles et la disponibilité pour accompagner le travail diffèrent également. Un enfant déjà familiarisé avec certains codes de l’école peut plus facilement comprendre ce qu’on attend de lui.
Ces différences expliquent en partie les inégalités de réussite ; elles ne rendent pas un parcours inévitable. L’école, les rencontres, les dispositifs d’aide et les trajectoires familiales peuvent modifier les effets de la socialisation initiale. Il faut donc éviter de transformer une tendance statistique en jugement sur les capacités d’un enfant.
2. Âge et abstention
Les variables lourdes sont des caractéristiques sociales qui sont durablement associées aux comportements politiques, comme l’âge ou le diplôme. L’abstentionnisme désigne le fait de ne pas participer à un scrutin ; on distingue abstention systématique et participation intermittente.
En France, l’âge différencie fortement la participation. Les jeunes inscrits votent davantage de façon intermittente ; les âges intermédiaires participent plus régulièrement, tandis qu’au grand âge des difficultés de santé ou de déplacement peuvent à nouveau accroître l’abstention. La relation n’est donc pas simplement « plus on vieillit, plus on vote ».
L’enquête de l’Insee sur les élections nationales de 2022 donne 60,3 % de vote intermittent chez les 18-24 ans. L’entrée dans la vie adulte, la stabilité de l’inscription, la socialisation politique et le type d’élection contribuent aux différences. Une association avec l’âge n’exclut pas les effets du diplôme, de la génération ou de la situation sociale.
Partie 2 : dissertation
Introduction
Le travail peut procurer un revenu, des protections, une reconnaissance et des relations régulières. Il contribue ainsi à l’intégration sociale, c’est-à-dire à l’inscription dans des liens et des règles communes. Mais cette contribution varie : un emploi stable et reconnu ne donne pas les mêmes possibilités qu’un emploi incertain ou des horaires qui isolent. Le dossier invite à examiner d’abord les différences entre professions, puis les effets de la stabilité et de l’absence d’emploi.
I. Les professions donnent des ressources et des conditions d’intégration différentes
A. Les revenus et la reconnaissance sont inégaux
Le document 1, présenté comme une donnée Insee de 2022, indique un salaire annuel net moyen en équivalent temps plein de 38 916 € pour les cadres, contre 19 632 € pour les employés et 19 740 € pour les ouvriers. Ces moyennes ne décrivent pas chaque personne, mais montrent des ressources matérielles très différentes.
Le revenu contribue à l’accès au logement, aux loisirs et à une autonomie dans les choix. La profession apporte aussi une identité et une reconnaissance, qui ne dépendent pas exclusivement du salaire. Un métier peu rémunéré peut être socialement utile et valorisé par ceux qui l’exercent. Il reste que des ressources faibles limitent les possibilités de participation et rendent plus vulnérable à une dépense imprévue.
B. Les conditions de travail peuvent faciliter ou gêner les liens
Un collectif professionnel peut fournir de l’entraide, des échanges et des repères communs. Mais certains horaires décalent le salarié du rythme de sa famille ou de ses amis. Le document 2, publié par l’Observatoire des inégalités en 2021 à partir de données de 2016, signale le travail dominical chez 46 % des employés de commerce, contre 34 % de l’ensemble des employés.
Le travail de nuit et les horaires alternants touchent également certaines professions plus que d’autres. Ils peuvent compliquer les activités collectives ou la garde des enfants. L’existence d’un emploi ne garantit donc pas une intégration équivalente : les ressources qu’il apporte doivent être rapprochées des contraintes qu’il impose.
La profession distingue les positions, mais une autre différence traverse ces groupes : la possibilité de compter durablement sur son emploi et sur les liens qui l’accompagnent.
II. Le contrat et l’absence d’emploi modifient la continuité de l’intégration
A. La stabilité permet de se projeter ; l’incertitude peut fragiliser
Un contrat stable facilite un projet de logement, la continuité des revenus et l’appartenance à un collectif. Des contrats courts peuvent multiplier les changements d’équipe et les périodes d’incertitude. Le document 3, de l’Observatoire des inégalités en 2021, montre une part d’emplois dits précaires nettement plus forte chez les 15-24 ans, autour de la moitié des emplois en fin de période, que chez les autres âges.
Il faut toutefois respecter la définition du graphique : elle regroupe CDD, intérim et apprentissage. Un contrat d’apprentissage peut apporter une formation et une qualification ; tous les statuts regroupés ne produisent donc pas les mêmes effets. Un CDI peut lui-même être mal rémunéré ou offrir des conditions difficiles. La nature du contrat compte sans résumer, à elle seule, la qualité de l’emploi.
B. Le chômage prive de plusieurs supports sans supprimer tous les liens
La perte d’emploi réduit souvent le revenu et la régularité des contacts professionnels. Elle peut affecter l’estime de soi et rendre plus difficile un retour durable à l’activité. Le document 4, extrait des Échos du 27 janvier 2025, mentionne 3,14 millions d’inscrits en catégorie A et 43,5 % d’inscrits depuis plus d’un an. Les durées longues rendent particulièrement sensible la rupture avec le monde professionnel.
Ces catégories administratives de France Travail ne doivent pas être confondues avec la définition du chômage au sens du BIT. De plus, une personne sans emploi conserve éventuellement des liens familiaux, associatifs et des protections sociales. L’absence d’emploi augmente certains risques de fragilisation ; elle ne signifie pas automatiquement exclusion complète.
Conclusion
Le travail intègre par des revenus, des protections et des relations. La profession en différencie les ressources et les contraintes ; le contrat en organise plus ou moins la continuité. Le chômage peut retirer plusieurs supports à la fois, sans effacer tous les autres liens. Le pouvoir intégrateur du travail dépend donc de sa qualité et de sa stabilité, ainsi que des protections disponibles en dehors de l’emploi.
Source pour la participation électorale
Insee, participation aux élections nationales de 2022. Les quatre documents de la dissertation restent ceux du sujet officiel.