Éducateur sportif 2024 : corrigé des quatre questions
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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2024. Concours externe d’éducateur territorial des activités physiques et sportives. Durée : 3 heures. Coefficient : 2.
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1. Lutter contre les stéréotypes de genre par le sport
Le sport peut faire évoluer les représentations des rôles féminins et masculins, à condition que l’organisation des pratiques favorise réellement l’égalité. Une activité dite « masculine » ou « féminine » ne l’est pas par nature : cette classification se construit dans la famille, à l’école, dans les clubs et dans les médias. Elle peut détourner une fille du rugby ou un garçon de la danse avant même qu’ils aient essayé.
Une collectivité peut agir sur l’accès à la pratique. Des initiations ouvertes à tous permettent de découvrir des disciplines sans sélection par le sexe. Les Olympiades présentées dans le document 1 associent ainsi jeux de ballon, rugby féminin, danse et sports de combat. L’intérêt est d’élargir les possibilités offertes ; une journée isolée doit toutefois déboucher sur une offre régulière, avec des horaires, des tarifs et des équipements accessibles.
L’action porte aussi sur les relations dans le groupe. L’éducateur répartit les rôles, fait tourner les responsabilités et intervient face aux moqueries ou aux comportements sexistes. Il évite de réserver systématiquement aux garçons les tâches de force ou de direction. La mixité devient éducative lorsque chacun peut participer, progresser et décider ; elle n’est pas, à elle seule, une garantie d’égalité.
La visibilité des sportives apporte des modèles d’identification. Des rencontres avec des pratiquantes, entraîneuses et dirigeantes, ou une communication montrant plusieurs profils, font comprendre que la compétence sportive ne se réduit pas au sexe. À Hendaye, le dossier associe débat, témoignages de sportives et circulation d’un baby-foot non genré dans les écoles. Ces actions permettent d’interroger les représentations au-delà du terrain.
Enfin, la politique sportive doit examiner ses propres inégalités : répartition des créneaux, moyens financiers, accès aux responsabilités et traitement des violences. Les documents 3 et 4 montrent que le sport peut aussi entretenir les stéréotypes. Une démarche suivie associe clubs, écoles, familles et services municipaux, forme les encadrants et observe la participation et les abandons selon les publics. Le résultat recherché est une liberté de choix et une égalité de traitement, sans imposer à chacun une discipline au nom de la lutte contre les préjugés.
2. Tourisme sportif et rayonnement d’un territoire
Le tourisme sportif repose sur la pratique d’une activité pendant un déplacement, mais aussi sur des séjours ou manifestations dont le sport est le motif principal. Les ressources locales — rivière, littoral, relief, itinéraires et équipements — peuvent devenir une offre identifiable : randonnée, vélo, activités nautiques, escalade ou événements sportifs.
Cette offre renforce l’image et la notoriété du territoire. Un itinéraire bien entretenu ou une manifestation reconnue rend visibles ses paysages et son patrimoine. Les sentiers nautiques du document 6 illustrent l’articulation entre découverte sportive et lecture du milieu : les visiteurs découvrent les berges et leur histoire, avec des supports pédagogiques et un accompagnement adapté.
Elle produit également des retombées économiques. L’accueil des visiteurs mobilise hébergement, restauration, commerces, location de matériel et encadrement. Une offre répartie sur plusieurs saisons peut limiter la dépendance à un pic estival. Le document 5 insiste sur cette recherche d’un tourisme de quatre saisons ; elle demande une adaptation aux conditions locales et ne signifie pas que toute activité peut être proposée toute l’année.
Le rayonnement bénéficie aux habitants lorsque les aménagements touristiques servent aussi aux écoles, aux associations ou au sport-santé. À Redon, les embarcations collectives évoquées dans le dossier peuvent être utilisées pour d’autres publics que les vacanciers. La coopération entre collectivités, clubs, offices de tourisme, propriétaires et gestionnaires d’espaces naturels améliore la continuité de l’offre et la qualité de l’accueil.
Ce développement doit rester maîtrisé. Il faut sécuriser les parcours, entretenir les équipements, prévenir les conflits entre usages et respecter les milieux naturels. Le département contribue à la planification des espaces, sites et itinéraires de sports de nature ; les communes et intercommunalités participent à l’aménagement et à la gestion. Les fédérations apportent leur expertise technique. Une offre présentée comme durable doit aussi considérer l’acheminement des visiteurs : une activité peu polluante sur place ne suffit pas à effacer l’impact du transport.
Enfin, le succès se mesure par la fréquentation, la durée des séjours, les retombées locales et les effets sur les habitants et les milieux. Le dossier mentionne une saison nautique freinée par la météo : la demande annoncée ne garantit pas automatiquement des recettes. Le tourisme sportif contribue au rayonnement lorsqu’il associe une identité territoriale lisible, un accueil fiable et une gestion soutenable.
3. Responsabilité du maire pour une baignade aménagée
Le maire exerce la police générale de la sécurité publique et une police spéciale des baignades. Il doit délimiter les zones surveillées, fixer les périodes et horaires de surveillance, prévoir des personnels qualifiés et des moyens de secours, signaler les dangers et informer le public. En mer, sa compétence spéciale s’étend jusqu’à 300 mètres à compter de la limite des eaux.
L’arrêté de Brumath, reproduit au document 11, montre une application concrète : une zone de 2 600 m² est divisée en petit et grand bain, les profondeurs et limites sont matérialisées, les horaires sont fixés et la signification des drapeaux est précisée. La baignade y est interdite hors des horaires autorisés et en l’absence de drapeau. Ces dispositions locales ne doivent pas être présentées comme le règlement de toutes les communes.
Le maire doit proportionner les mesures à la fréquentation et aux risques : signalisation, surveillance, accès des secours, voire interdiction lorsque la sécurité ne peut être assurée. La formule générale selon laquelle la baignade se pratique aux risques des intéressés hors des zones et périodes surveillées ne dispense pas de signaler un danger anormal ni de prendre les mesures exigées par une fréquentation importante. Une carence fautive peut engager la responsabilité de la commune ; un accident n’établit pas, à lui seul, une faute du maire.
La réponse s’appuie sur les documents 8 à 11 et sur l’article L. 2213-23 du CGCT. La fiche datée de 2011 contient des modalités anciennes concernant le BNSSA : il ne faut pas recopier celles-ci comme si elles décrivaient sans changement le droit de la session 2024. La question porte ici sur les obligations du maire, pas sur un inventaire actualisé des diplômes de surveillance.
4. Mettre un éducateur territorial à disposition d’une association
Une association peut recevoir un fonctionnaire territorial pour une mission de service public qui lui a été confiée. La mise à disposition doit servir cette mission ; le simple intérêt sportif de l’association ne suffit pas à autoriser toute affectation. L’agent conserve son grade, son lien avec la collectivité d’origine et la rémunération correspondante.
La démarche comporte la demande de l’association, l’accord de l’agent, une convention entre la collectivité et l’organisme d’accueil, puis un arrêté de l’autorité territoriale. L’organe délibérant est informé préalablement. La convention précise les missions, la quotité de travail, les lieux et horaires, l’encadrement fonctionnel, le contrôle de l’activité, les remboursements et les modalités de fin. Elle est soumise à l’agent pour accord avant sa signature. Un partage du temps entre collectivité et association est possible, avec une organisation explicite.
Pour une association sportive, le remboursement de la rémunération et des charges constitue le principe. La collectivité continue à gérer la carrière et à exercer le pouvoir disciplinaire ; l’accueil organise l’activité dans le cadre convenu. Les responsabilités en matière de congés, de formation et d’évaluation doivent être réparties conformément au régime applicable, plutôt que laissées à un accord informel.
La durée est de trois ans au maximum par période et peut être renouvelée par périodes n’excédant pas trois ans. Le document 12 affirme que trois ans seraient le maximum « renouvellement inclus » : cette formulation est contredite par le modèle du document 13 et par l’article 3 du décret du 18 juin 2008. Il faut retenir la possibilité de renouvellement, sans en faire un droit automatique. La convention prévoit enfin un préavis et le retour de l’agent, ainsi que les conditions d’une fin anticipée.