EPPA 2021 : corrigé de français sur la maladie

Aller à un exercice ou une partie

Proposition de corrigé — non officielle. Sélection infirmier de l’École du personnel paramédical des armées, épreuve écrite du 5 mars 2021, « La maladie, combat intime ».

Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Télécharger une copie du sujet · Retrouver les annales

Question 1 — Thème principal

Le texte étudie l’épreuve intime et sociale de la maladie grave. Il montre comment celle-ci transforme le rapport au corps, les relations, l’identité et la perception du temps, tout en obligeant la personne à chercher de nouvelles ressources pour vivre.

Cette réponse peut être resserrée aux deux ou trois lignes demandées ; elle ne réduit pas le thème aux seules difficultés du traitement.

Question 2 — Idées principales reformulées

La maladie fait perdre au patient une partie de la maîtrise de son corps et de son intimité. Son expérience personnelle peut sembler moins reconnue que le savoir médical. Elle bouleverse également la vie familiale, sociale et professionnelle : isolement, discriminations et fragilisation des relations peuvent s’ajouter à la souffrance physique. Certains liens se distendent, tandis que d’autres se renforcent ou se créent avec des proches, des soignants et d’autres malades. Malgré leur soutien, la personne doit affronter elle-même des limites nouvelles. Elle peut développer des capacités d’adaptation et d’endurance qu’elle ignorait. Une rémission ne signifie pas toujours le retour à la vie d’avant : les projets et les priorités sont transformés. La conscience de sa fragilité conduit ainsi à éprouver le temps autrement et à donner davantage de valeur au présent.

Le résumé suit la progression du texte, du corps au temps, et tient en quinze lignes environ selon l’écriture. Il ne faut pas affirmer que tous les malades seraient isolés ou qu’une maladie rendrait nécessairement plus fort.

Question 3 — Le temps à l’épreuve de la maladie

Proposition rédigée

La maladie grave peut rompre l’impression que l’avenir reste largement disponible. La formule de Gustave-Nicolas Fischer évoque un temps que l’on ne considère plus seulement comme une ressource à organiser, mais comme une dimension de son existence vulnérable. Cette expérience modifie les projets et les priorités, sans être identique pour tous les patients.

D’abord, le temps est rythmé par les symptômes, les examens, les traitements et l’attente de leurs résultats. Une journée peut sembler interminable lorsque la douleur domine ; une période peut paraître trop courte lorsque l’on redoute une aggravation. L’incertitude empêche parfois de prévoir un voyage, un travail ou une activité familiale. Le calendrier médical et le rythme du corps prennent une place que la personne n’avait pas choisie. Comprendre cette situation évite de lui reprocher un manque de volonté ou une mauvaise organisation.

Ensuite, la conscience de la fragilité peut changer la valeur accordée aux relations et aux gestes ordinaires. Un moment partagé, une promenade possible ou un projet modeste peuvent devenir précieux. Ce recentrage ne signifie pas que le malade doive être heureux de son épreuve, ni qu’il réussisse toujours à profiter du présent. La peur, la fatigue et les difficultés matérielles peuvent au contraire réduire sa disponibilité. Le soutien des proches et des professionnels doit respecter cette ambivalence.

Enfin, le soin peut aider à retrouver un pouvoir d’agir sur ce temps bouleversé. Expliquer une attente, annoncer la durée d’une intervention, écouter le rythme du patient et préserver un moment de repos limitent le sentiment d’être entièrement soumis au service. Par exemple, dans une situation illustrative, une personne recevant un traitement prolongé peut souhaiter organiser une visite familiale à un moment où elle se sent moins fatiguée. L’équipe examine avec elle ce qui est possible, au lieu de considérer cet événement comme secondaire. Cet exemple montre l’intérêt d’articuler le temps des soins et le temps vécu.

La maladie révèle ainsi que vivre ne consiste pas seulement à remplir un agenda. Elle invite les soignants à reconnaître une personne dont les espoirs et les inquiétudes ne se résument pas à une durée médicale. Après une rémission, certains projets changent encore : accompagner cette évolution compte autant que supposer un retour immédiat à la vie antérieure.

Utiliser une expérience réelle

Le sujet attend les connaissances et les expériences personnelles du candidat. L’exemple ci-dessus est illustratif, sans prétendre décrire son vécu. Dans une copie, on peut lui substituer une observation réelle anonymisée : contexte, modification du rapport au temps, aide apportée et limites de cette aide. Il faut relier cet exemple à la citation, sans inventer une guérison, un décès ou une parole de patient.

Les quarante lignes doivent contenir l’argumentation elle-même ; les explications de ce corrigé ne sont pas à recopier intégralement. Le coping désigne ici les stratégies d’adaptation : ce n’est ni une garantie de guérison ni une obligation morale de rester positif.