EPPA 2022 : français et mauvaises nouvelles

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Proposition de corrigé — non officielle. École du personnel paramédical des armées, français du 2 mars 2022 : trois questions, durée 2 h.

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Question 1. Le thème principal — 2 points

Le texte analyse la consultation compulsive de mauvaises nouvelles sur les réseaux sociaux, appelée doomscrolling. Il présente des explications possibles, ses effets psychologiques et des moyens de prendre du recul.

Question 2. Les idées principales — 6 points

L’auteur cherche à expliquer pourquoi certaines personnes consultent continuellement des informations inquiétantes. Face à l’incertitude, elles veulent comprendre ce qui arrive, mais l’accumulation de contenus peut se faire au détriment de leur fiabilité. Un deuxième mécanisme est l’attention plus forte accordée au négatif : elle pourrait alimenter une boucle où l’on recherche encore davantage de mauvaises nouvelles. L’auteur présente aussi une explication technique : les plateformes sélectionnent des contenus capables de retenir l’attention, ce qui peut renforcer cette exposition. Selon le texte, cette pratique peut aggraver des difficultés psychologiques déjà présentes. Pour en limiter les effets, l’auteur invite à modifier ses habitudes : moins consulter ces contenus, réduire certaines sollicitations et diversifier ses sources. Prendre de la distance ne signifie pas nier les problèmes ; cela peut rendre plus disponible pour agir.

Question 3. S’informer sans s’immerger continuellement dans les difficultés — 9 points

Le sujet demande une argumentation nourrie de connaissances et d’expériences personnelles, en quarante lignes au maximum. La proposition suivante utilise un exemple hypothétique pour illustrer le raisonnement. Sur sa copie, le candidat doit intégrer une expérience personnelle réellement vécue, comme le demande le sujet, sans présenter cet exemple comme son propre vécu.

Réponse proposée

Les guerres, les catastrophes et les injustices justifient que nous cherchions à comprendre ce qui arrive. Prendre du recul ne doit donc pas devenir une manière de refuser toute information dérangeante. Pour un futur professionnel du soin, connaître les difficultés sociales et sanitaires aide aussi à comprendre les situations des personnes accueillies. L’information peut nourrir la vigilance et la solidarité.

Cependant, consulter les mêmes nouvelles en permanence n’apporte pas toujours une meilleure compréhension. La répétition d’images ou de messages inquiétants peut donner l’impression qu’aucune amélioration n’est possible. La quantité de contenus ne garantit pas leur qualité : une information isolée ou non vérifiée peut être trompeuse. Il faut distinguer le temps consacré à comprendre un événement de celui passé à faire défiler des publications qui n’ajoutent rien à cette compréhension.

On peut imaginer une personne qui consulte sans cesse des images d’inondation. Elle éprouve de l’inquiétude, mais ne sait pas comment aider. Rechercher des informations fiables sur les besoins locaux puis participer, selon ses moyens, à une collecte organisée constitue une autre réponse. L’exemple montre que l’action exige parfois de quitter le flux d’images pour trouver des interlocuteurs et une tâche concrète. Il ne signifie pas que chacun pourrait résoudre seul la catastrophe.

La distance utile consiste donc à choisir des moments et des sources pour s’informer, à vérifier les faits et à conserver du temps pour les activités ordinaires et les relations. Elle n’impose pas de ne lire que des nouvelles positives. Reconnaître les difficultés et les initiatives qui leur répondent permet une vision plus complète, sans minimiser la souffrance des personnes concernées.

S’informer et se préserver peuvent ainsi se soutenir mutuellement. Une attention épuisée risque de devenir moins disponible pour autrui ; une information réfléchie peut orienter une aide adaptée. L’enjeu est de rester concerné par les problèmes du monde sans confondre l’exposition permanente avec la capacité d’agir. Le recul proposé par l’auteur peut alors être une condition de l’engagement, plutôt qu’un renoncement.

Orthographe et syntaxe — 3 points

Les trois points restants portent sur la qualité de l’écriture. Sur la copie, il faut conserver les numéros des questions, des phrases complètes et les limites de deux à trois, quinze et quarante lignes. Les lignes affichées sur une page web ne correspondent pas aux lignes manuscrites : la longueur est à adapter à la feuille de concours.