ETAPS principal 2024 : six questions expliquées
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Proposition de corrigé — non officielle. Concours interne et troisième concours d’ETAPS principal de 2e classe, session 2024, réponses aux questions, durée 3 h, coefficient 1.
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Question 1. Favoriser la pratique des personnes en situation de handicap — 6 points
Connaître les besoins et lever les obstacles
Une commune doit partir des besoins exprimés par les personnes concernées, les associations et les acteurs sportifs. Le diagnostic porte sur les activités souhaitées et les obstacles : bâtiments, déplacements, coût, horaires, information, matériel ou accueil. Le handicap moteur n’épuise pas le sujet : les limitations sensorielles, intellectuelles ou psychiques demandent aussi des réponses adaptées.
L’accessibilité concerne toute la chaîne du déplacement, depuis l’information sur l’activité jusqu’aux vestiaires et à l’aire de pratique. Une entrée accessible ne suffit pas si le transport, la réservation ou les sanitaires empêchent de participer. La commune peut agir sur ses équipements, prévoir du matériel adapté et améliorer la lisibilité de son offre.
Construire une offre et former les intervenants
Elle peut soutenir les clubs, former les éducateurs à l’accueil et développer des partenariats avec les associations spécialisées. Le mouvement handisport concerne notamment les handicaps physiques et sensoriels ; le sport adapté s’adresse aux personnes présentant un handicap intellectuel ou psychique. Ces repères n’imposent pas à chacun une pratique séparée : une activité partagée peut être proposée si son organisation permet la participation effective.
L’adaptation porte sur les consignes, les règles, la progression, le matériel et le rythme. Les besoins de sécurité sont évalués avec les personnes et les professionnels compétents. Le handicap ne justifie pas, à lui seul, une exclusion ou une obligation médicale indifférenciée.
Suivre la participation réelle
Tarifs accessibles, aide au transport, créneaux adaptés et communication compréhensible complètent l’action. L’évaluation doit examiner la fréquentation, la continuité de pratique et la satisfaction, en respectant la confidentialité. Le nombre d’équipements aménagés renseigne sur les moyens ; la possibilité de choisir une activité et d’y rester renseigne sur le résultat.
Question 2. Une manifestation sportive durable — 4 points
Concevoir l’événement
Je propose d’utiliser en priorité un équipement existant et d’adapter la taille de la manifestation à sa capacité. Le choix du lieu et des horaires doit faciliter les transports collectifs, la marche, le vélo et le covoiturage, tout en préservant l’accès des personnes à mobilité réduite. Les zones naturelles sensibles doivent être protégées.
Le budget intègre ces objectifs dès le départ. Les achats privilégient des équipements réutilisables et des prestations adaptées aux besoins réels. Des engagements écrits avec les fournisseurs permettent de préciser les quantités, les emballages, la consommation d’énergie et les modalités de récupération du matériel. Un fournisseur proche n’est pas automatiquement le moins impactant : les produits et leur mode de transport comptent aussi.
Organiser et évaluer
Pendant l’événement, des points d’eau accessibles, de la vaisselle réutilisable et une collecte des déchets clairement organisée limitent les consommations évitables. Les bénévoles reçoivent des consignes simples ; l’information au public explique les déplacements et les dispositifs disponibles. La prévention des discriminations, les conditions de travail et l’accessibilité font partie de la durabilité sociale.
Un bilan compare les objectifs aux résultats : modes de déplacement, déchets produits, matériel réemployé, participation, coût et difficultés rencontrées. Il permet d’améliorer l’édition suivante. Le tri des déchets est utile, mais ne suffit pas à qualifier l’ensemble de la manifestation de durable.
Question 3. Paris 2024 : une opportunité pour les collectivités ? — 4 points
La réponse se place au moment du concours : les retombées des Jeux sont envisagées, et non présentées comme déjà démontrées.
Des possibilités pour les territoires
Les Jeux peuvent donner de la visibilité aux disciplines olympiques et paralympiques, encourager leur découverte et mobiliser des clubs, écoles et bénévoles. Les collectivités accueillant des épreuves ou des délégations peuvent bénéficier d’investissements et d’une fréquentation accrue. Les territoires sans compétition peuvent aussi organiser des actions éducatives et sportives autour de l’événement.
Pour la pratique locale, l’enjeu est de convertir l’intérêt ponctuel en possibilités durables : éducateurs disponibles, créneaux, tarifs et équipements adaptés. Les Jeux paralympiques peuvent notamment soutenir une réflexion sur l’accessibilité et les représentations du handicap.
Des bénéfices qui restent conditionnels
Les coûts, les nuisances et les contraintes d’organisation peuvent limiter les retombées. Un équipement créé pour une compétition n’est utile à long terme que s’il répond à des usages locaux et si son fonctionnement peut être financé. Les opportunités sont aussi inégalement réparties entre territoires.
Les Jeux constituent donc une occasion, pas une garantie. Une stratégie d’héritage doit associer clubs, habitants et acteurs publics avant l’événement, puis suivre l’utilisation des équipements, l’accès à la pratique et les coûts. La réussite locale se mesure au-delà de la seule visibilité médiatique.
Question 4. La pédagogie différenciée — 2 points
La pédagogie différenciée adapte les situations d’apprentissage à la diversité des élèves tout en poursuivant des objectifs communs. L’éducateur peut varier la difficulté, le matériel, les consignes, les regroupements ou le temps de pratique. En lancer, des distances et des cibles différentes permettent de travailler un même geste avec des réussites accessibles. L’observation conduit à ajuster les propositions ; elle ne doit pas enfermer durablement les participants dans des groupes supposés « forts » ou « faibles ».
Question 5. Quatre axes de prévention des noyades — 2 points
- Apprendre à évoluer dans l’eau, puis à nager, en tenant compte de l’âge et des capacités ; un apprentissage ne supprime pas tous les risques.
- Assurer une surveillance rapprochée des enfants, par un adulte clairement désigné et disponible. La présence d’autres personnes ne remplace pas cette responsabilité.
- Choisir des lieux et conditions adaptés : privilégier les zones surveillées, respecter les consignes, apprécier ses capacités et les conditions du milieu ; éviter la baignade sous l’effet de l’alcool.
- Sécuriser les piscines privées et leurs accès, avec les dispositifs réglementaires adaptés ; une barrière ou une alarme ne remplace pas la surveillance.
Ces axes concordent avec les messages de prévention de Santé publique France. Ils sont distincts : apprentissage, surveillance humaine, choix de la baignade et sécurisation du lieu.
Question 6. École municipale des sports — 2 points
Une école municipale des sports est un dispositif proposé par une commune pour découvrir et pratiquer plusieurs activités physiques et sportives, généralement destiné aux enfants. Son organisation, les âges accueillis et les modalités d’inscription dépendent du projet local. Des éducateurs qualifiés conduisent des séances progressives, favorisant les habiletés motrices, le respect des règles et le plaisir de pratiquer. Elle complète l’offre des clubs et peut orienter vers une activité régulière ; elle ne se réduit pas à la préparation d’une compétition.