Gardien-brigadier 2018 : corrigé du français et du rapport

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Proposition de corrigé — non officielle. Le sujet officiel du concours externe de gardien-brigadier 2018 réunit deux épreuves d’admissibilité : les réponses à des questions sur un texte (1 heure, coefficient 2, pages 1 à 5) et la rédaction d’un rapport (1 heure 30, coefficient 3, pages 6 à 14). Retrouver les annales du concours.

Questions sur le texte : neuf réponses

Le texte remis aux candidats est un article d’Éric Favereau publié dans Libération le 16 octobre 2017. Les réponses ci-dessous expliquent ses idées sans le reproduire.

Question 1 — Six synonymes

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Mot du texteSynonyme possibleSens dans le passage
décortiqueanalyseLe livre examine les pratiques en détail.
incontournableinévitableLe rituel est présenté comme presque imposé aux jeunes.
incessantcontinuelLe combat contre les restrictions publicitaires se poursuit.
recrudescenceaugmentationLe mot désigne une reprise ou une hausse du phénomène.
déploientmanifestentLes lobbys font apparaître leur perversité par leurs actes.
exorbitantexcessifLe coût des dommages est jugé très élevé.

Chaque proposition garde la nature grammaticale du mot demandé : verbe, adjectif ou nom.

Question 2 — Quatre antonymes

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Mot du texteAntonyme possible
vulnérableinvulnérable
stupideintelligent
assouplirdurcir
favoriserentraver

Question 3 — « Entrer dans les mœurs »

Cette expression signifie qu’une pratique devient habituelle et finit par paraître normale dans un groupe. Ici, l’auteur constate la banalisation des ivresses rapides chez les jeunes. Il ne dit pas que cette habitude est souhaitable.

Question 4 — « Tous azimuts »

L’expression signifie « dans toutes les directions ». Dans le texte, elle décrit une action menée par plusieurs voies à la fois : publicité, nouveaux produits, applications et démarches politiques.

Question 5 — Définir le « binge drinking »

Il s’agit de boire une très grande quantité d’alcool en très peu de temps, lors d’un même épisode, jusqu’à rechercher l’ivresse. Le terme désigne une manière de boire, et pas simplement une consommation régulière.

Question 6 — Expliquer le titre

Le titre repose sur une opposition ironique. Dire que le « binge drinking » « se porte bien » signifie que cette pratique prospère et se banalise, et non qu’elle est bénéfique. Selon l’article, elle touche de nombreux jeunes et bénéficie d’une promotion commerciale persistante. En revanche, « pas la santé » rappelle les risques de coma éthylique et les difficultés de concentration, de mémoire et d’attention relevées dans l’étude citée. L’auteur souligne aussi le manque de prévention ciblée. La formule résume donc le paradoxe du texte : un comportement qui gagne du terrain alors que ses conséquences sanitaires inquiètent.

Question 7 — « Génération sacrifiée sur l’autel du business »

La formule reprend une image de sacrifice. « L’autel » représente ici la priorité accordée à l’argent ; le « business » désigne les intérêts commerciaux liés à la vente et à la publicité de l’alcool. Les auteurs du livre cité accusent ces intérêts de passer avant la protection des jeunes, alors que ceux-ci sont particulièrement vulnérables. C’est une dénonciation portée par le texte, pas le constat que chaque jeune subirait le même dommage.

Question 8 — L’amoindrissement de la loi Évin dans le texte

L’article cite deux changements déjà intervenus à l’époque : l’ouverture de la publicité pour l’alcool sur Internet en 2009 et l’adoption, en 2015, d’un amendement permettant la promotion lorsqu’elle met en avant les régions productrices et le terroir. Il mentionne ensuite des amendements déposés par des sénateurs au printemps 2017 pour assouplir encore la loi, notamment à propos de l’alcool léger dans les stades. Ces derniers sont des propositions dans le texte ; celui-ci ne dit pas qu’elles ont été adoptées.

Question 9 — Les campagnes de prévention suffisent-elles ?

Non, d’après l’article. Le journaliste décrit peu de réponses sanitaires face aux ivresses rapides et rapporte que les auteurs du livre ne connaissent pas de campagne officielle ciblant précisément ces pratiques. Il insiste sur la vulnérabilité des adolescents et sur une perception insuffisante du danger. Les témoignages montrent que connaître le caractère nocif d’un comportement ne permet pas toujours d’y mettre fin. Une prévention utile devrait donc parler clairement de la consommation très rapide, de ses effets immédiats et de l’aide accessible aux jeunes, en complément de l’information générale sur l’alcool. Cette réponse restitue le diagnostic du texte de 2017 ; elle ne prétend pas dresser l’inventaire actuel des campagnes françaises.

Épreuve de rapport : proposition entièrement rédigée

Police municipale de XVILLE
Le 15 mai 2018
Rapport de l’agent de police municipale Alpha BRAVO
À Monsieur le maire de XVILLE et, par l’intermédiaire de l’officier de police judiciaire territorialement compétent, à Monsieur le procureur de la République
Objet : Dépôt de sacs d’ordures sur la voie publique et fuite lors d’un relevé d’identité

J’ai l’honneur de vous rendre compte des faits constatés le 15 mai 2018, rue de la Paix à XVILLE, au cours de ma patrouille pédestre avec mon collègue, le policier municipal Charlie ECHO, et des diligences accomplies à cette occasion.

À 16 heures, nous avons vu une Fiat Punto verte, immatriculée AA-100-BB, venir se stationner rue de la Paix. Son conducteur, seul à bord, est sorti du véhicule, a ouvert le coffre et en a retiré plusieurs sacs-poubelles d’environ vingt litres chacun. Il les a déposés directement sur la voie publique, hors des emplacements autorisés, avant de retourner vers sa voiture. En nous approchant, nous avons observé qu’il s’agissait d’un homme corpulent portant une casquette rouge.

Nous avons abordé le conducteur en raison du dépôt que nous venions de voir. Il a reconnu avoir posé ces sacs d’ordures ménagères, tout en déclarant ignorer que son geste constituait une infraction. Nous avons vérifié le contenu des sacs, puis photographié le dépôt. À notre demande, l’intéressé a repris calmement les sacs. Cette reprise a fait cesser l’occupation de la voie publique ; elle n’efface pas le dépôt déjà constaté.

Les déchets avaient été transportés dans son véhicule et déposés hors d’un emplacement désigné. Ces faits sont susceptibles de relever de l’article R. 635-8 du Code pénal, qui réprime notamment le dépôt d’ordures transportées avec l’aide d’un véhicule par une contravention de cinquième classe. La protection de la propreté et de la commodité du passage sur la voie publique relève également des missions de police municipale prévues par l’article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales. Nos constatations, les photographies et les déclarations du conducteur sont destinées à la procédure transmise à l’autorité compétente.

Pour établir son identité, nous avons demandé à l’intéressé de présenter un justificatif. Il nous a répondu avoir oublié sa pièce à son domicile et a déclaré verbalement se nommer Golf HOTEL. Faute de document, nous avons sollicité, par le poste de commandement au moyen de la radio de mon collègue, les instructions de l’officier de police judiciaire territorialement compétent. Pendant le temps nécessaire à cette information et à sa décision, nous avons indiqué à l’intéressé qu’il devait rester à notre disposition. Il a demandé à plusieurs reprises, sans agressivité, à quitter les lieux ; nous lui avons répondu que nous attendions cette décision.

L’intéressé s’est alors soudainement enfui à pied en direction du centre-ville. Nous l’avons poursuivi et rattrapé environ cent mètres plus loin. Entre-temps, l’officier de police judiciaire a confirmé son identité : il s’agit de Golf HOTEL, né le 21 novembre 1993 à XVILLE et domicilié au 135, rue des plantes à XVILLE. L’officier de police judiciaire désigné dans le dossier est le capitaine Victor TANGO. La fuite est portée à sa connaissance pour qu’il apprécie les suites à donner au regard de l’obligation de demeurer à disposition prévue à l’article 78-6 du Code de procédure pénale.

Aucun ordre de présentation ou de retenue ne nous a été communiqué pendant les faits relatés. Les éléments du dépôt, de l’identité et de la fuite sont rapportés au capitaine Victor TANGO et à notre hiérarchie. Le présent rapport, accompagné des constatations et photographies, est adressé sans délai au maire de XVILLE et, par l’intermédiaire de l’officier de police judiciaire territorialement compétent, au procureur de la République, conformément à l’article 21-2 du Code de procédure pénale.

Les points de droit qui fondent le rapport

Le dépôt reste constatable après le ramassage. L’article R. 635-8 reproduit dans le sujet vise le dépôt hors emplacement autorisé de déchets transportés par véhicule. Le fait que Golf HOTEL reprenne les sacs met fin à la situation sur la voie, sans faire disparaître ce que les agents ont observé et photographié. La confiscation éventuellement prévue par le texte est une peine, pas une décision à prendre d’office dans le rapport.

Le défaut de pièce appelle l’OPJ. L’article 78-6 autorise le relevé d’identité dans les limites des contraventions que les policiers municipaux peuvent constater. Si le contrevenant ne peut justifier son identité, ils en rendent compte immédiatement à l’OPJ compétent. Celui-ci peut ordonner une présentation ou une retenue ; en l’absence d’ordre, les agents ne disposent pas de ce pouvoir. Pendant l’information et la décision de l’OPJ, le contrevenant doit toutefois rester à leur disposition. Le départ en courant est donc un fait à signaler, sans inventer dans la copie une décision judiciaire ou une procédure ultérieure.

Les moyens de contrainte ne sont pas automatiques. L’énoncé mentionne des menottes et des armes comme équipements, sans dire qu’ils ont été utilisés. L’article 803 du Code de procédure pénale subordonne les entraves à un danger ou à un risque de fuite. Le rapport expose la fuite et le rattrapage, mais ne transforme pas cet équipement en acte accompli.