Gardien-brigadier 2020 : corrigé des questions sur le proxénétisme

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Proposition de corrigé — non officielle. Le sujet du concours externe de gardien-brigadier 2020 publié par le CDG 06 comprend huit questions à partir d’un article de France Culture daté de juin 2018. Les réponses de vocabulaire sont des possibilités adaptées au passage ; d’autres mots de même nature et de même sens peuvent convenir. Retrouver les annales de gardien-brigadier.

Question 1 — Six synonymes

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Mot du texteRéponse possibleSens dans le passage
« démanteler »désorganiserMettre fin au fonctionnement du réseau.
« attrayant »séduisantQui paraît attirer les victimes au premier abord.
« spécificité »particularitéCe qui distingue cette activité des autres.
« notoriété »célébritéLe fait d’être connu du public.
« tarir »diminuerDans « la source commence à tarir », l’argent reçu se réduit.
« consensuelles »acceptéesLes passes sont présentées comme acceptées au départ ; le texte décrit ensuite la contrainte subie par les victimes.

Chaque proposition garde la nature grammaticale du mot demandé. Le texte ne permet pas de conclure que les victimes ont réellement consenti à l’exploitation : « consensuelles » décrit ici la présentation initiale des passes.

Question 2 — Quatre antonymes

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Mot du texteRéponse possibleNature conservée
« amateur »professionnelAdjectif.
« tarifés »gratuitsAdjectif masculin pluriel.
« docile »rebelleAdjectif.
« ambitieux »modesteAdjectif.

Dans l’expression « rapports tarifés », « gratuits » s’oppose directement à l’idée d’un paiement. Pour « ambitieux plan », « modeste » qualifie un projet de moindre ampleur.

Question 3 — « Une image glamour et décontractée »

L’expression désigne une représentation séduisante, élégante et apparemment sans gravité de la prostitution. L’article explique que la célébrité et la réussite professionnelle affichées d’une jeune femme impliquée dans une affaire médiatisée ont pu masquer, aux yeux d’autres jeunes, les risques et les violences de l’exploitation. Il s’agit de l’image décrite par l’auteur, pas d’une description fidèle de la situation des victimes du réseau.

Question 4 — « Le terreau fertile »

Un terreau fertile est, au sens figuré, un ensemble de conditions qui favorisent l’apparition d’un phénomène. Ici, l’auteur vise les difficultés économiques, la relégation sociale et le manque de perspectives dont les recruteurs profitent. Il ne dit pas que les habitants de ces quartiers sont par nature impliqués dans le proxénétisme.

Question 5 — Pourquoi « proxénétisme des cités » ?

Le texte emploie cette expression parce que le réseau opère surtout dans des quartiers populaires de Paris et de sa proche banlieue. Des jeunes femmes, parfois mineures et en difficulté familiale ou économique, y sont recrutées notamment à la sortie des lycées, dans des foyers ou en ligne. Les auteurs présumés leur promettent de gagner vite beaucoup d’argent. L’expression situe le mode de recrutement présenté dans l’article ; elle ne permet pas de généraliser à tous les habitants des cités.

Question 6 — L’image de l’hydre

L’hydre mythologique voit repousser une tête lorsqu’une autre est coupée. L’auteur s’en sert pour dire que le démantèlement d’un réseau ne supprime pas nécessairement les conditions qui permettent à un autre de naître. Ces réseaux peu structurés peuvent être faciles à désorganiser individuellement, mais les recrutements par les réseaux sociaux et l’exploitation des difficultés sociales rendent le phénomène susceptible de réapparaître. La formule relie donc la répétition possible des affaires à leurs causes sociales, sans prétendre qu’un réseau précis aurait déjà été remplacé.

Question 7 — Pourquoi cette banalisation ?

D’après les témoignages cités, certaines jeunes femmes voient autour d’elles la prostitution sur les réseaux sociaux ou parmi leurs connaissances et finissent par la percevoir comme une façon ordinaire de gagner de l’argent. La promesse de revenus rapides et supérieurs à ceux d’un emploi peu payé renforce cette perception. L’article insiste aussi sur le fait qu’elles ne mesurent pas toujours au départ la gravité des faits ni leur propre situation de victime. Cette banalisation est une représentation exploitée par les recruteurs ; elle n’efface ni les contraintes ni les violences décrites ensuite.

Question 8 — Recruter puis retenir les victimes

Les recruteurs approchent de jeunes filles à la sortie des lycées, dans des foyers d’aide sociale à l’enfance et sur les réseaux sociaux. Ils ciblent des personnes parfois mineures, économiquement ou familialement fragiles, en leur promettant beaucoup d’argent rapidement. Au début, les souteneurs leur procurent vêtements, sacs et accessoires, ce qui rend la proposition attractive et crée une dépendance.

Par la suite, les passes s’enchaînent, les gains laissés aux victimes diminuent et la contrainte apparaît clairement. Celles qui veulent refuser ou partir subissent des intimidations et des menaces contre leur famille ; le texte rapporte même la séquestration et l’administration de drogue à l’une d’elles. Ces faits montrent que « fidéliser » est ici un euphémisme : le réseau cherche à maintenir les victimes sous son emprise.