Gendarmerie mars 2026 : l’automobile est-elle dépassée ?
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Proposition de corrigé — non officielle. Concours externe de sous-officier de gendarmerie, zone 1, mars 2026 : culture générale, durée 3 h, coefficient 7.
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Concours externe de sous-officier de gendarmerie, zone 1, mars 2026 : composition de culture générale, durée 3 h, coefficient 7. Le sujet oppose un moyen de transport qui serait dépassé à un secteur encore indispensable. Il faut traiter les déplacements et l’activité économique, en distinguant les situations territoriales.
Problématique et organisation
Problématique possible : comment réduire les coûts de la dépendance automobile sans priver les personnes de mobilité ni négliger les emplois et les services associés ? Le plan proposé montre d’abord les limites du modèle dominant, puis les besoins qu’il continue de satisfaire, avant d’examiner sa transformation.
Proposition de composition
L’automobile permet de rejoindre un emploi, de transporter des proches et de choisir ses horaires. Elle peut aussi immobiliser ses utilisateurs dans les embouteillages et peser lourdement sur leur budget. Ces expériences contradictoires expliquent que l’on présente tantôt la voiture comme un symbole d’autonomie, tantôt comme un modèle à dépasser. La question concerne également les entreprises, les métiers et les territoires organisés autour d’elle. Peut-on la remplacer sans supprimer les services qu’elle rend ? La place de la voiture individuelle doit être réexaminée, mais ses usages et son secteur économique appellent une transformation plutôt qu’un jugement uniforme.
I. Le modèle de la voiture individuelle présente des limites
L’achat d’un véhicule ne constitue qu’une partie de son coût. Carburant ou électricité, entretien, assurance et stationnement peuvent réduire la liberté promise. Une personne contrainte de conduire chaque jour pour travailler supporte ces dépenses même lorsqu’elles deviennent difficiles à financer. L’autonomie apparente peut donc cacher une dépendance à l’organisation du territoire.
Le coût est aussi collectif. Une route encombrée transporte peu efficacement ses usagers lorsque de nombreuses voitures ne contiennent qu’une personne. Le stationnement consomme de l’espace qui pourrait accueillir d’autres activités. Les accidents, le bruit et les émissions imposent des charges qui ne se limitent pas au conducteur. Dans les zones denses, des transports collectifs fréquents ou des déplacements à pied et à vélo peuvent rendre certains trajets autrement plus efficaces.
L’électrification traite une partie de ces difficultés, mais ne répond pas à toutes. Une voiture électrique demande toujours de l’espace, des ressources pour sa fabrication et une alimentation énergétique. Elle peut réduire certaines émissions à l’usage sans faire disparaître les embouteillages ni l’inégalité d’accès à un véhicule. Réduire la question à un changement de moteur laisserait donc intacte une grande partie du problème.
II. L’automobile reste nécessaire à de nombreux usages
Les possibilités de remplacement sont très différentes selon les lieux. Dans un centre urbain desservi, un trajet régulier peut être effectué sans voiture. Dans un secteur rural où les destinations sont dispersées et les transports peu fréquents, cette alternative peut ne pas exister. Les horaires décalés, l’accompagnement d’une personne dépendante ou le transport d’outils modifient également les besoins.
Une politique qui retire un moyen de déplacement avant d’offrir une solution praticable peut renforcer l’exclusion. La liberté de se déplacer concerne l’accès aux soins, à l’emploi, à la formation et aux relations sociales. Il faut donc apprécier un usage par le service rendu, plutôt que considérer tout trajet automobile comme équivalent. Une voiture utilisée occasionnellement, partagée ou indispensable à une activité n’a pas la même fonction qu’un trajet évitable effectué seul chaque jour.
Le mot « secteur » élargit enfin l’analyse. Conception, fabrication, réparation, location et services de mobilité constituent des activités économiques et des compétences. Leur utilité ne signifie pas que chaque produit doive être conservé à l’identique. Elle implique que la transition des pratiques prenne en compte les salariés, les entreprises et les territoires concernés.
III. Transformer la mobilité et accompagner les métiers
Le premier objectif peut être de réduire les déplacements subis. Rapprocher les services et les lieux de vie, organiser des horaires compatibles avec les transports ou permettre certaines démarches à distance évite des trajets sans supprimer une activité utile. La mobilité ne se mesure pas seulement au nombre de kilomètres parcourus : elle se juge aussi à la facilité d’accéder à ce dont on a besoin.
Les solutions doivent ensuite être combinées. Une desserte collective peut convenir à un axe fréquenté, le vélo à certains trajets courts, et le covoiturage ou un véhicule partagé à d’autres besoins. Les correspondances, les tarifs et l’accessibilité déterminent leur utilité réelle. Demander un effort aux usagers suppose que les alternatives soient fiables et que les ménages les plus contraints puissent y accéder.
La transformation industrielle doit être préparée en parallèle. De nouvelles motorisations, des véhicules adaptés aux usages et des services de réparation ou de partage peuvent modifier les besoins en compétences. La formation et l’accompagnement des salariés limitent le risque de faire porter les coûts du changement aux seules personnes dont le métier évolue. Préserver des compétences ne signifie pas empêcher toute évolution ; c’est permettre à ceux qui les possèdent d’y prendre part.
Conclusion. L’automobile n’est ni dépassée dans tous ses usages ni indispensable sous toutes ses formes. Le modèle d’une voiture individuelle pour chaque déplacement montre ses limites, tandis que de nombreux besoins demeurent difficiles à satisfaire autrement. Une réponse cohérente développe les alternatives, adapte les véhicules aux usages nécessaires et accompagne les métiers. Elle cherche une mobilité accessible plutôt que la conservation ou la disparition uniforme d’un objet.
Pour enrichir une copie
Les Chiffres clés des transports, édition 2025 du SDES permettent de documenter les modes de déplacement et leurs effets. Un chiffre n’est utile que si son année, son territoire et son indicateur sont précisés. Il faut éviter de transformer la situation des grandes villes en description de l’ensemble du pays.