Action culturelle 2021 : construire une politique cohérente

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Proposition de corrigé — non officielle. Inspecteur et conseiller de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle, externe et interne, session 2021, spécialité action culturelle, cas pratique oral sujet 1.

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Une stratégie à présenter en quinze minutes au plus

Le sujet ne fournit ni territoire précis ni budget. La proposition d’oral expose donc une démarche de décision, avec des scénarios à adapter aux données du diagnostic. Elle ne suppose pas une expérience personnelle fictive ou une collectivité inventée.

Proposition de présentation

Introduction : donner une cohérence à la responsabilité partagée

La responsabilité culturelle exercée conjointement par l’État et les collectivités appelle une coopération, pas une juxtaposition de financements. Une politique cohérente doit articuler des objectifs, des compétences, des moyens et les besoins des habitants. Les droits culturels impliquent de considérer les personnes comme des participants possibles à la vie culturelle, et non seulement comme des publics à attirer. Je propose une démarche en quatre étapes : connaître le territoire, définir des priorités partagées, organiser leur réalisation et évaluer les résultats.

1. Établir un diagnostic partagé — environ trois minutes

La première étape consiste à cartographier les ressources : équipements, artistes, associations, lieux patrimoniaux, enseignements artistiques, pratiques amateurs et initiatives moins institutionnalisées. Il faut aussi étudier les conditions d’accès : déplacements, horaires, tarifs, handicap, information et obstacles linguistiques. Le diagnostic ne peut se limiter aux personnes déjà présentes dans les équipements.

Je croise des données disponibles avec des entretiens et des rencontres territoriales. Les communes, l’intercommunalité, le département, la région et la DRAC sont associés selon leurs responsabilités. Les enseignants, acteurs sociaux et associations peuvent aider à comprendre les pratiques et les obstacles. Les habitants doivent pouvoir formuler des attentes et discuter des propositions, y compris ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’offre existante.

La restitution distingue les constats, les attentes exprimées et les points encore incertains. Elle donne une base commune aux décisions. Elle doit rendre visibles les complémentarités, mais aussi les lacunes et les éventuels doublons. Une salle peu fréquentée n’appelle pas automatiquement une fermeture : son rôle, son accessibilité et son fonctionnement doivent être examinés.

2. Définir des priorités et des scénarios — environ trois minutes

À partir de ce diagnostic, je propose un nombre limité d’objectifs : développer l’accès à l’éducation artistique, renforcer les liens entre lieux et habitants ou soutenir la création et sa circulation, par exemple. Ces objectifs doivent tenir compte des ressources et être discutés politiquement. La compétence culturelle de l’intercommunalité et son périmètre doivent être vérifiés ; ils ne sont pas présumés identiques partout.

Pour chaque priorité, une fiche présente l’action, ses bénéficiaires, les partenaires, les moyens humains et financiers, les délais et les risques. Au supérieur hiérarchique, je soumets plusieurs scénarios : mieux coordonner les moyens existants, renforcer quelques actions prioritaires ou développer une offre nouvelle lorsque le besoin et son financement sont établis. Cette comparaison permet d’arbitrer les investissements et les coûts de fonctionnement.

Le respect des droits culturels implique aussi une attention à la diversité des expressions et à la liberté de création. Il ne consiste pas à satisfaire automatiquement chaque demande individuelle. Les décisions doivent être explicables, avec des critères publics et une possibilité de dialogue. La recherche de cohérence ne doit pas uniformiser les projets artistiques.

3. Organiser la coopération et la mise en œuvre — environ quatre minutes

Je propose une instance de pilotage réunissant les responsables publics concernés, complétée par des groupes de travail associant les acteurs et les habitants selon les sujets. Il faut préciser qui décide, qui finance, qui réalise et qui rend compte. Cette organisation doit rester proportionnée : trop d’instances peuvent ralentir l’action et éloigner les petits acteurs.

Des conventions pluriannuelles peuvent fixer les objectifs, engagements financiers, responsabilités et modalités d’évaluation. Elles apportent de la visibilité aux opérateurs sans supprimer les contraintes budgétaires. Les relations entre équipements, associations et établissements scolaires peuvent être formalisées pour éviter les programmations concurrentes et les démarches répétées.

Un programme d’éducation artistique pourrait, par exemple, relier une équipe artistique, plusieurs lieux et des établissements scolaires autour de rencontres et de pratique. Un réseau de lieux de lecture peut mutualiser une médiation ou faire circuler des ressources, tout en conservant des ancrages locaux. Ces exemples sont des options à étudier, pas des actions déjà financées dans le territoire du sujet.

Le calendrier distingue une phase de diagnostic et de concertation, les arbitrages, puis une expérimentation avant extension. Un démarrage progressif permet de vérifier les capacités des équipes. Les questions de transport, d’accessibilité et de communication sont intégrées dès la conception, et non traitées après l’ouverture.

4. Évaluer et ajuster — environ deux minutes

Les indicateurs sont liés aux objectifs : participation et renouvellement des publics, répartition territoriale, continuité des parcours, accessibilité, conditions de travail et exécution du budget. Les données quantitatives sont complétées par les retours des participants, professionnels et partenaires. Une forte fréquentation ne suffit pas à prouver la qualité artistique ou l’exercice effectif des droits culturels.

Un bilan partagé permet de modifier les horaires, les partenariats ou la répartition des moyens. Il distingue ce qui relève d’un résultat établi de ce qui reste à observer. La communication rend compte des choix et des suites données aux contributions. Cette transparence soutient la confiance et évite que la concertation ne soit perçue comme une formalité.

Conclusion

Je recommande donc de commencer par un diagnostic partagé et des objectifs limités, puis de formaliser les responsabilités et les moyens dans un programme pluriannuel évalué. La cohérence vient de l’articulation des initiatives, sans effacer leur diversité. Cette stratégie apporte au supérieur hiérarchique des éléments pour décider et organise une responsabilité culturelle réellement partagée.

Trois points à défendre face au jury

La coopération n’installe pas une tutelle générale d’un acteur sur les autres. La loi NOTRe, article 103 articule compétence partagée et responsabilité culturelle dans le respect des droits culturels.

La concertation commence avant les arbitrages définitifs. Un questionnaire après conception du projet ne donne pas aux habitants la même possibilité de contribuer qu’un échange en amont.

Un indicateur ne remplace pas un objectif. Le nombre de participants n’est utile que rapporté au public visé et aux conditions de participation. Le droit de participer à la vie culturelle est notamment formulé par l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.