Lieutenant SPP 2026 : prévenir les risques liés à la chaleur
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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2026. Concours interne de lieutenant de 1re classe — note d’analyse, SDIS CHARLIE. Durée : 3 heures. Coefficient : 2.
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La commande attend une note d’analyse adressée au directeur départemental : elle doit relier les risques à l’organisation du SDIS CHARLIE, exposer le cadre de prévention et proposer un plan d’action. Voici une rédaction possible, à la date de la session 2026.
Proposition de note d’analyse
À l’attention du directeur départemental du SDIS CHARLIE
Objet : prévenir les risques liés à la chaleur et maintenir la capacité opérationnelle du SDIS
La multiplication des épisodes de chaleur exerce une double pression sur le service : elle augmente les sollicitations de secours et dégrade les conditions d’exercice des personnels. L’été 2025, présenté dans le dossier, confirme la nécessité d’une organisation anticipée. La prévention doit couvrir les sapeurs-pompiers professionnels, les volontaires et les personnels administratifs et techniques, avec des mesures adaptées à leurs missions et à leur statut. La note de service de juin 2025 constitue un premier dispositif ; elle doit être complétée par une évaluation des expositions, une préparation des sites et une chaîne de décision explicite.
I. Un risque transversal qui menace la santé et la disponibilité du service
A. L’exposition résulte du travail réel, pas seulement de la température extérieure
La chaleur peut provoquer fatigue, déshydratation, baisse de vigilance et coup de chaleur. Le risque augmente avec l’effort, le rayonnement, la durée d’engagement, les équipements de protection et l’insuffisance de récupération nocturne. Les figures du document 2 montrent des périodes prolongées de températures supérieures aux normales en juin et en août 2025. Elles ne permettent cependant pas de chiffrer les accidents ni la surmortalité propres au SDIS CHARLIE.
L’exposition concerne les interventions, les manœuvres, l’activité physique, l’entretien extérieur et les ateliers, mais également les bureaux et le CTA/CODIS lorsque les locaux accumulent la chaleur. Les risques thermiques peuvent se combiner avec les risques chimiques, mécaniques et psychosociaux : tension sur les effectifs, difficultés de coopération, erreurs de décision et fatigue. L’allègement d’une tenue ne doit jamais supprimer un équipement indispensable à la protection contre le risque de l’activité.
B. Un réseau dispersé impose une réponse territorialisée
Le dossier recense 55 SPP, 1 019 SPV, 44 personnels administratifs et techniques et 32 personnels du SSSM, avec trois groupements territoriaux, 25 CIS et trois CIS sièges de groupement. Le service a réalisé 11 756 interventions en 2024. Ces données justifient une coordination départementale avec une déclinaison dans chaque centre et chaque unité de travail ; elles ne donnent pas la répartition des effectifs disponibles pendant une canicule.
La chaleur peut accroître les secours aux personnes vulnérables et les feux d’espaces naturels tout en diminuant la disponibilité des intervenants. Les ressources doivent donc être appréciées en fonction de l’activité prévisible, des délais de relève et des possibilités de récupération. Les vulnérabilités individuelles relèvent d’un examen avec les professionnels de santé compétents, dans le respect du secret médical. La direction n’a pas à constituer un fichier de diagnostics accessible aux encadrants.
II. Une démarche de prévention renforcée par le cadre applicable en 2026
A. Évaluer, réduire et réexaminer les expositions
Les documents 5 et 6 présentent le décret du 27 mai 2025 et la circulaire du 30 juin 2025 applicable aux employeurs publics. Ils imposent une évaluation des risques liés à la chaleur en intérieur comme en extérieur, leur inscription dans le DUERP et des mesures adaptées : organisation et horaires, repos, aménagement des postes, eau fraîche, équipements, information et formation. Les mesures doivent être renforcées lorsque la chaleur s’intensifie. Le dispositif repose notamment sur la vigilance météorologique ; il ne crée pas une température universelle autorisant automatiquement l’arrêt de tout travail.
Les situations de vulnérabilité doivent être examinées avec la médecine compétente. Il faut aussi prévoir le signalement des signes préoccupants et l’assistance rapide aux agents, particulièrement lorsqu’ils sont isolés. Ces obligations complètent les responsabilités générales de prévention de l’employeur. La continuité du secours exige des décisions adaptées aux missions, sans justifier une exposition évitable.
B. Faire du DUERP un outil de décision partagé
Le service SSQVS peut coordonner une analyse par unités de travail : interventions et formation, ateliers, fonctions administratives, CTA/CODIS et centres territoriaux. Chaque analyse identifie les tâches exposées, les personnes concernées, les facteurs aggravants, les moyens existants et les actions à conduire. Les encadrants et les agents doivent y contribuer ; les représentants du personnel sont associés dans les instances compétentes.
La priorité va à la réduction de l’exposition à la source et à l’organisation collective. L’information individuelle et l’hydratation sont indispensables, mais ne compensent pas une charge de travail excessive ou un local durablement surchauffé. Le DUERP et le programme de prévention doivent indiquer les responsables, les échéances et le suivi des actions. Leur mise à jour s’appuie sur les changements de situation et les retours d’expérience, avec une réévaluation quotidienne lors de l’épisode selon la circulaire.
III. Un plan d’action départemental préparé avant la prochaine saison chaude
A. Avant l’été : sécuriser les moyens et les règles de fonctionnement
Dans les deux mois suivant la décision de lancement, le SSQVS organisera avec les groupements un état des lieux des bâtiments, zones de repos, accès à l’eau et moyens de maintien au frais dans les engins. Le groupement technique établira les priorités d’aménagement : protection solaire, ventilation utilisable, isolation et réduction des apports de chaleur. Les dépenses seront chiffrées et arbitrées dans les enveloppes budgétaires du SDIS ; le dossier ne permet pas de présenter un coût déjà établi.
Le groupement opération et le CODIS prépareront les modalités de relève, le soutien sanitaire opérationnel et les renforts inter-centres. Les RH examineront les adaptations de travail pour les personnels administratifs et techniques. Une formation courte expliquera les signaux d’alerte, le signalement et la conduite de secours selon les protocoles du service. Les volontaires recevront les mêmes informations utiles, par des canaux compatibles avec leur disponibilité.
La note 2025-18 sera révisée pour préciser qui surveille la vigilance, qui décide des mesures et qui vérifie leur application. Les repères internes, comme 28 °C pour une vigilance accrue lors d’un effort extérieur, resteront des repères de prévention ; ils ne seront pas présentés comme des seuils légaux universels.
B. Pendant l’épisode : graduer les mesures et préserver les relèves
En vigilance jaune, chaque responsable vérifiera l’accès à l’eau, adaptera les activités physiques et les manœuvres aux heures les moins chaudes et suivra les locaux exposés. En orange, les activités non essentielles les plus exposantes seront reportées ou remplacées ; les repos seront organisés dans des espaces adaptés et les rotations préparées. En rouge, le service concentrera les personnels sur les missions indispensables et renforcera les relèves et la récupération. Une mesure d’arrêt ou de report d’une activité non opérationnelle sera décidée lorsque les protections disponibles sont insuffisantes.
Ces dispositions complètent la gradation du document 8. La surveillance météorologique ne remplace pas l’observation des conditions réelles : un atelier très chaud ou un engagement éprouvant peut nécessiter des mesures avant une vigilance orange. Sur intervention, le commandement appréciera précocement la durée, la pénibilité, les effectifs et les conditions d’accès pour mobiliser le SSSM, l’appui logistique et les relèves. Les EPI nécessaires resteront portés ; l’organisation de l’engagement et de la récupération réduira le stress thermique.
C. Après l’épisode : tirer les conséquences et rendre compte
Chaque groupement fera remonter les incidents, malaises, difficultés d’approvisionnement, temps de relève et mesures efficaces. Le SSQVS présentera un bilan à la direction et aux instances compétentes, avec les corrections du DUERP et du programme de prévention. Un tableau de suivi distinguera les indicateurs de préparation — sites évalués, actions réalisées, agents informés — des événements observés et de leurs causes. Une hausse des signalements pourra traduire une meilleure remontée des incidents, pas nécessairement une dégradation de la prévention.
La direction pourra ainsi arbitrer un programme durable d’amélioration des conditions de travail et de disponibilité opérationnelle, au-delà de la seule gestion d’une alerte estivale.
Pourquoi cette rédaction répond à la commande
La première partie utilise les données du SDIS sans inventer un bilan local de l’été 2025. La deuxième relie les obligations aux situations de travail. La troisième propose des actions, des responsables et un calendrier, en distinguant les moyens à chiffrer des données déjà fournies. Les préconisations constituent une proposition, pas une instruction opérationnelle officielle du SDIS.
Les dispositions du décret du 27 mai 2025 et la circulaire du 30 juin 2025 figurent également dans le dossier officiel.