Banque PT 2026 : corrigé de mathématiques B

Aller à un exercice ou une partie

Proposition de corrigé — non officielle. Banque PT, session 2026, mathématiques B, durée 4 heures.

Télécharger ce corrigé en PDF · Ouvrir le sujet officiel · Télécharger une copie du sujet · Retrouver les annales

Exercice 1 : polynômes et rotation

A. L’espace H et les applications

1. Écrivons P = a + bX + cX² + dX³. Comme P(0) = a et P‴(0) = 6d, la condition définissant H devient a = d. Ainsi H = Vect(1 + X³, X, X²). Ces trois polynômes sont indépendants par identification des coefficients : H est un sous-espace de dimension 3.

2. La dérivation et l’évaluation sont linéaires, donc h(αP + βQ) = αP′(0) + βQ′(0). L’application prend ses valeurs dans R et son image est exactement R, puisque h(bX) = b pour tout réel b.

3. Pour P = a(1 + X³) + bX + cX², la formule de l’énoncé donne :

f(P) = −(b + c)(1 + X³)/2 + [a + (b − c)/2]X + [a + (c − b)/2]X².

Ce polynôme appartient à H. Puisque la linéarité est admise et que f envoie H dans H, f est un endomorphisme de H.

B. Produit scalaire et projection

4. Un produit scalaire réel est une application bilinéaire, symétrique et définie positive : φ(P,P) ≥ 0, avec égalité seulement pour P = 0.

5. La symétrie permet de transférer la linéarité d’une variable à l’autre : φ(P,αQ + βR) = φ(αQ + βR,P) = αφ(Q,P) + βφ(R,P) = αφ(P,Q) + βφ(P,R). L’application est donc bilinéaire.

6. Première preuve. Les quatre valeurs P(0), P′(0), P″(0) et P‴(0) valent respectivement a, b, 2c et 6d : leur annulation donne a = b = c = d = 0. Deuxième preuve. La formule de Taylor exacte pour un polynôme de degré au plus 3 écrit P(X) = Σ P⁽ᵏ⁾(0)Xᵏ/k! ; si tous ces coefficients sont nuls, P = 0.

Le produit scalaire du sujet est donc, pour les coefficients ordinaires, φ(P,Q) = aa′ + bb′ + cc′ + dd′. Les facteurs k! se compensent.

7. X et X² ont chacun une norme égale à 1 et leur produit scalaire vaut 0. Ils appartiennent à H.

8. Posons T = (1 + X³)/√2. Il est unitaire et orthogonal à X et X². Une base orthonormée classée par degrés décroissants est B = (T, X², X).

9.a. La projection de 1 sur H vaut φ(1,T)T + φ(1,X²)X² + φ(1,X)X = T/√2 = (1 + X³)/2.

9.b. Le reste 1 − proj_H(1) = (1 − X³)/2 est non nul et orthogonal à H. Comme H est de codimension 1, (1 − X³) constitue une base de H⊥.

C. La rotation de R³

10. On peut choisir u′ = (0,1,−1)/√2, v′ = (1,0,0) et w′ = (0,−1,−1)/√2. Ces vecteurs sont unitaires, orthogonaux et u′ × v′ = w′ : la base est directe. Une rotation d’angle −π/2 fixe u′, envoie v′ sur −w′ et w′ sur v′. Sa matrice dans cette base est :

R′ = [ 1  0  0 ]
     [ 0  0  1 ]
     [ 0 −1  0 ]

11. Si Q a pour colonnes u′, v′, w′, alors Q est orthogonale et R = QR′Qᵀ. En posant s = 1/√2, le produit donne :

R = [ 0   −s    −s  ]
    [ s    1/2  −1/2]
    [ s   −1/2   1/2]

On retrouve également ce résultat avec R = u′u′ᵀ − [u′]×, formule de Rodrigues pour cos(−π/2) = 0 et sin(−π/2) = −1.

12. Rᵀ représente la rotation inverse, d’angle +π/2. Comme R⁴ = I et 2025 ≡ 1 modulo 4, R²⁰²⁵ = R représente la rotation initiale. R²⁰²⁶ = R² représente une rotation d’angle π autour de Δ. C’est aussi la symétrie orthogonale par rapport à la droite Δ : elle fixe la composante parallèle à l’axe et change le signe de la composante perpendiculaire. Il s’agit d’une symétrie axiale dans l’espace, et non d’une réflexion par rapport à un plan.

D. Matrice de f

13. Les images des vecteurs de B sont : f(T) = sX² + sX ; f(X²) = −sT + X²/2 − X/2 ; f(X) = −sT − X²/2 + X/2. Leurs coordonnées placées en colonnes donnent Mat_B(f) = R, avec la matrice ci-dessus.

14. Prenons B″ = ((X² − X)/√2, T, −(X² + X)/√2). La première composante est fixée ; f(T) est l’opposé de la troisième ; l’image de la troisième est T. On obtient bien la matrice demandée, identique à R′. Les coefficients montrent que les trois vecteurs ont norme 1 et sont deux à deux orthogonaux : B″ est même orthonormée.

Exercice 2 : coniques et surfaces

A. Définitions et paramètres

1.a. x²/a² + y²/b² = 1 définit une ellipse, éventuellement un cercle si a = b. Un paramétrage est (a cos t, b sin t), t réel.

1.b. x²/a² − y²/b² = 1 définit une hyperbole à deux branches : (a cosh t, b sinh t) et (−a cosh t, b sinh t), t réel.

2. La conique de foyer F, directrice D et excentricité ε est l’ensemble des points M tels que MF = ε d(M,D). Pour 0 < ε < 1, c’est une ellipse ; pour ε = 1, une parabole ; pour ε > 1, une hyperbole.

3. La relation z′ = exp(iθ)z représente une rotation de centre O et d’angle θ, modulo 2π.

B. La conique C

4.a. Un vecteur normal à D est n = (√3,1), de norme carrée 4. La projection orthogonale s’écrit M′ = M − [(√3x + y − 3)/4]n. Ainsi :

x′ = (x − √3y + 3√3)/4 ; y′ = (3y − √3x + 3)/4.

4.b. En développant exp(iπ/3) et exp(iπ/6) et en utilisant le conjugué z̄ = x − iy, ces deux coordonnées donnent z′ = [z − z̄ exp(iπ/3) + 3 exp(iπ/6)]/2.

5. Par soustraction : z − z′ = [z + z̄ exp(iπ/3) − 3 exp(iπ/6)]/2.

6. L’équation de C devient donc OM = 2 MM′ = 2 d(M,D). C est une hyperbole de foyer O, de directrice D et d’excentricité 2.

C. Rotation et tracé de l’hyperbole

7. Un normal d’abscisse positive est (√3,1). Son angle avec le premier axe vaut α = π/6, modulo 2π.

8.a. Avec z = exp(iα)Z, on a z̄ exp(iπ/3) = exp(iα)Z̄ et 3 exp(iπ/6) = 3 exp(iα). Le module du facteur exp(iα) vaut 1 : |Z| = |Z + Z̄ − 3|.

8.b. Si Z = x + iy, cette égalité équivaut à x² + y² = (2x − 3)², soit 3x² − 12x − y² + 9 = 0. L’élévation au carré est ici réversible car les deux membres initiaux sont positifs ou nuls.

8.c. En complétant le carré, (x − 2)² − y²/3 = 1. Le centre est (2,0), les sommets (1,0) et (3,0), les asymptotes y = ±√3(x − 2). Les foyers sont (0,0) et (4,0), puisque c² = 1 + 3 = 4.

8.d. Pour F(x,y) = 3x² − 12x − y² + 9, le gradient en G(0,3) vaut (−12,−6). La tangente a pour équation −12x − 6(y − 3) = 0, donc 2x + y − 3 = 0.

9.a. Le tracé ci-dessous montre les deux branches, les sommets, le centre et les asymptotes. Sur une copie, une même unité doit être utilisée sur les deux axes.

Hyperbole de centre (2,0), sommets (1,0) et (3,0), asymptotes et tangente en G.

9.b. C s’obtient par une rotation de centre O et d’angle +π/6 appliquée à C′.

D. Le cône et ses sections

10. Sur C″, z = 1 et 3x² − y² = 3. Donc −3x² + y² + 3z² = −3 + 3 = 0 : C″ est incluse dans S.

11.a. Le gradient de F(x,y,z) = −3x² + y² + 3z² vaut (−6x,2y,6z). Il s’annule uniquement en O. Tous les points de S autres que O sont réguliers ; O est le sommet singulier du cône.

11.b. J(2,−3,−1) appartient à S. Le plan tangent est −12(x − 2) − 6(y + 3) − 6(z + 1) = 0, soit 2x + y + z = 0.

12.a. Dans le plan P_λ, l’identité fournie transforme F = 0 en x² + y² + z² = λ(2x − √2z). En complétant les carrés :

(x − λ)² + y² + (z + λ/√2)² = 3λ²/2.

Le centre A_λ = (λ,0,−λ/√2) de cette sphère appartient au plan, car 2λ + √2(−λ/√2) = λ. Pour λ ≠ 0, l’intersection est donc un cercle de centre A_λ et de rayon |λ|√(3/2).

Cas particulier à préciser : λ = 0 donne uniquement le point O. Dans ce sujet, aucune section n’est vide. La formule « vide ou cercle » omet ce cas ponctuel, sauf si le mot cercle inclut exceptionnellement un cercle de rayon nul.

12.b. Ces sections circulaires ne suffisent pas à établir une surface de révolution : leurs centres ne sont pas alignés suivant la normale commune aux plans. S est un cône elliptique ; les coefficients de sa forme quadratique, −3, 1 et 3, sont distincts, alors qu’une invariance par rotation autour d’un axe imposerait deux coefficients propres égaux. S n’est donc pas une surface de révolution.

13. Sur la branche C″ d’abscisse positive, x = √(1 + y²/3), donc x ≥ 1. Une rotation autour de Ox conserve x et le rayon transversal : Y² + Z² = y² + 1 = 3x² − 2. Réciproquement, tout point ayant ce rayon et x ≥ 1 est obtenu par une telle rotation. La surface cherchée est donc :

Σ : 3x² − y² − z² = 2, avec x ≥ 1.

L’inégalité est indispensable : l’équation seule ajouterait une autre nappe et une portion de la nappe positive qui n’est pas engendrée par la courbe du sujet.