Corrigé secrétaire administratif classe normale 2022 : pass Culture

Aller à un exercice ou une partie

Cette proposition de correction non officielle traite l’ensemble du sujet de la session 2022, voie externe et interne. Elle s’appuie sur les données et les documents fournis dans cette épreuve.

Le sujet officiel comporte 16 pages. Retrouvez les autres épreuves dans le catalogue du concours.

Note proposée

Ministère de la Culture — Service de la communication
Note à l’attention du chef de bureau
Objet : présentation du pass Culture et bilan de son expérimentation, en vue d’une plaquette destinée aux lycéens
Références : décret du 20 mai 2021 et décret du 6 novembre 2021

Le pass Culture vise à élargir l’accès des jeunes aux pratiques et aux offres culturelles. Après une expérimentation engagée en 2019, le dispositif a été généralisé aux jeunes de dix-huit ans en mai 2021 puis étendu aux mineurs en janvier 2022. La plaquette doit rendre lisibles les deux modalités proposées aux lycéens, tout en faisant connaître les possibilités de découverte au-delà des achats habituels.

I. Un dispositif associant choix individuel et éducation artistique et culturelle en groupe

A. Des droits individuels progressifs, accessibles depuis un compte personnel

Les jeunes de quinze à dix-sept ans disposent d’un crédit annuel : 20 euros à quinze ans, 30 euros à seize ans et 30 euros à dix-sept ans, soit 80 euros au total. Ces crédits sont nominatifs et ne peuvent être cédés. Conformément à l’article 8 du décret du 6 novembre 2021, ils peuvent être utilisés jusqu’au dix-huitième anniversaire ; les reliquats ne sont ensuite pas transférés sur le crédit ouvert à dix-huit ans.

L’ouverture a été échelonnée au cours de janvier 2022 : le 10 janvier pour les jeunes de dix-sept ans, le 20 pour ceux de seize ans et le 31 pour ceux de quinze ans. Le bénéfice individuel repose sur l’âge et les conditions de résidence prévues par les textes, et ne se confond pas avec le seul statut de lycéen.

À dix-huit ans, le compte est crédité de 300 euros, utilisables pendant vingt-quatre mois après son activation. L’inscription doit être effectuée avant le dix-neuvième anniversaire. Le jeune réside sur le territoire couvert par le dispositif ; pour les bénéficiaires étrangers, une résidence en France depuis plus d’un an est demandée. Le crédit de 500 euros évoqué dans les documents anciens correspond à l’expérimentation, antérieure à la généralisation.

L’utilisateur s’inscrit sur l’application, transmet les justificatifs requis, puis réserve les offres référencées. Pour les dix-huit ans, le dossier prévoit notamment une pièce d’identité et un justificatif de domicile, avec les pièces de l’hébergeant en cas d’hébergement. Le crédit est débité au fil des réservations. Livres, spectacles, cinéma, pratiques artistiques et certaines offres numériques permettent des usages variés. Les matériels informatiques et les ouvrages scolaires ne relèvent pas du dispositif ; les possibilités numériques sont encadrées.

B. Une part collective pilotée par les établissements scolaires

La part collective bénéficie aux élèves de quatrième et de troisième, de CAP sous statut scolaire et de seconde, première et terminale des établissements publics ou privés sous contrat concernés. Elle finance exclusivement des activités artistiques et culturelles en groupe, encadrées par les professeurs.

La dotation est calculée par élève : 25 euros en quatrième et troisième, 30 euros en CAP et seconde, 20 euros en première et terminale. Il s’agit d’un crédit géré pour l’établissement et non d’une somme versée à chaque élève. Le chef d’établissement valide les activités choisies par les équipes pédagogiques auprès des partenaires référencés. Aucun transfert direct de fonds n’est effectué vers l’établissement.

Cette enveloppe est consommable pendant l’année scolaire ; les crédits collectifs non utilisés ne sont pas reportés. La plaquette doit donc distinguer cette règle de celle des crédits individuels des quinze–dix-sept ans, cumulables jusqu’à dix-huit ans. L’accompagnement des professeurs complète le choix personnel et prépare un parcours culturel progressif.

II. Une expérimentation mobilisatrice, dont la démocratisation doit être accompagnée

A. Des premiers usages qui confirment l’intérêt du dispositif

Le test a débuté dans cinq départements en février 2019 avant son extension à quatorze départements en juin. Au 31 décembre 2020, le bilan ministériel relève 128 070 inscrits pour une cible de 135 000 jeunes, 4 500 lieux culturels référencés et 766 505 offres réservées. Les utilisateurs ont dépensé en moyenne 137 euros en dix mois ; 77 % des réservations ont porté sur des offres physiques et une sur dix était gratuite.

La fréquentation et la diversité des usages dépendent toutefois du contexte. Les fermetures pendant la crise sanitaire ont limité les sorties et favorisé les offres numériques ainsi que le retrait de livres. La forte place du livre ne suffit donc pas à évaluer le potentiel futur des spectacles ou des musées.

Le bilan souligne l’intérêt du travail territorial avec les acteurs culturels, les DRAC, les rectorats et les structures sociales. Les jeunes des quartiers prioritaires représentent 8,5 % des inscrits ; leur information arrive parfois plus tard, mais leurs réservations peuvent aussi traduire une diversification des pratiques. Ces observations justifient des actions ciblées d’information et de médiation.

B. Une égalité de crédit qui ne suffit pas à assurer l’égalité d’accès

Les critiques présentées dans le dossier alertent sur les écarts de familiarité avec la culture et sur la visibilité inégale des établissements. Une même somme ne compense pas automatiquement l’éloignement géographique, les difficultés de transport ou le manque d’information. Les partenariats commerciaux suscitent également des interrogations sur l’équilibre entre découverte culturelle et consommation.

La préparation de la plaquette doit donc mettre en avant des exemples de sorties et de pratiques, les offres gratuites et les partenaires de proximité, plutôt que le seul montant disponible. Elle doit expliquer simplement l’inscription et l’articulation entre initiatives personnelles et projets accompagnés par les enseignants. Le relais des lycées, notamment professionnels, et des structures accueillant les jeunes éloignés de l’offre culturelle contribuera à rendre le dispositif accessible et à soutenir la diversification recherchée.

Une contradiction à résoudre dans le dossier

La fiche du document 1 applique à tort l’absence de report scolaire aux crédits individuels. Le décret reproduit dans le document 5, article 8, permet leur consommation jusqu’à dix-huit ans ; le document 2 confirme le cumul. La règle de non-report d’une année scolaire à la suivante concerne la part collective, article 5. Les montants anticipés dans l’article de mai 2021 du document 6 doivent également céder devant les textes de novembre 2021 pour présenter le dispositif de 2022.