Secrétaire administratif 2023 : corrigé des QRC et quatre options
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Cette proposition de correction non officielle traite l’ensemble du sujet de la session 2023, voie externe. Elle s’appuie sur les données et les documents fournis dans cette épreuve.
Le sujet officiel comporte 22 pages. Retrouvez les autres épreuves dans le catalogue du concours.
Questions communes : Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024
Question commune 1 — En quoi des Jeux « durables » ?
La durabilité désigne ici à la fois l’empreinte de l’événement et ce qu’il laisse après lui. Dans sa politique de 2022, le comité d’organisation promet de réduire les émissions, de recourir aux énergies renouvelables, de préserver la biodiversité, de développer l’économie circulaire et d’intégrer l’accessibilité dès la conception. Il s’engage également sur l’inclusion et les achats responsables. Ce sont des objectifs annoncés avant les Jeux, à distinguer d’un bilan mesuré après l’événement (document 1, p. 2–3).
Le dossier donne des réalisations prévues en Seine-Saint-Denis : transformation du village des athlètes en quartier comprenant logements, écoles et commerces ; centre aquatique pérenne pour réduire le manque de bassins ; logements et équipements après le village des médias ; extension du parc Georges-Valbon et itinéraires cyclables. Certains équipements sportifs seront temporaires, ce qui limite les installations vouées à rester sans usage. La crédibilité de cette ambition dépend toutefois de l’utilisation effective des lieux, de leur accessibilité aux habitants et du bilan carbone réel, notamment des déplacements des spectateurs (document 4, p. 5–6).
Question commune 2 — Jeux et égalité
Le document du CIO montre une progression nette de la présence des femmes : 2,2 % des concurrents en 1900, 34 % en 1996 et 48 % à Tokyo 2020, avec un objectif de parité à Paris 2024. L’ouverture d’épreuves autrefois réservées aux hommes, les épreuves mixtes et la visibilité des porte-drapeaux féminines expliquent une partie de cette évolution (document 2, p. 3). Mais la parité des athlètes ne règle pas à elle seule les inégalités d’encadrement, de rémunération, de traitement médiatique ou d’accès quotidien à la pratique. Le dossier invite aussi à élargir le mot « égalité » : les Jeux paralympiques et l’accessibilité universelle concernent les personnes en situation de handicap (document 1, p. 2).
La billetterie cherche une égalité de chance d’obtenir un créneau grâce au tirage au sort, avec 13,4 millions de billets annoncés, dont 3,4 millions pour les Jeux paralympiques ; elle prévoit un site de vente unique et numérique (document 3, p. 4). Cette règle identique pour tous n’efface pas les écarts de prix, de maîtrise du numérique ou de distance géographique. Il faut donc apprécier l’égalité par la participation réelle des athlètes et du public, et par la possibilité pour les habitants des territoires hôtes de profiter des équipements après les Jeux.
Question commune 3 — Devise de Coubertin
« Plus vite, plus haut, plus fort » exprime le dépassement de soi et la recherche de progrès sportif. Elle garde un sens lorsque la performance naît de l’entraînement, du respect des règles et de l’émulation entre concurrents. Elle ne doit pourtant pas justifier le dopage, les blessures imposées aux athlètes ou la réduction de leur valeur à un record. Les objectifs sociaux et environnementaux de Paris 2024 élargissent la notion de réussite : une compétition peut être exigeante tout en accueillant davantage de femmes et de sportifs handicapés, et en laissant des lieux utiles à la population. Le défi consiste à poursuivre l’excellence avec les autres : adversaires, bénévoles, habitants et spectateurs (documents 1, 2 et 4, p. 2–6).
Option « Gestion des ressources humaines »
Question 1 — PTP et ancien CIF
Le projet de transition professionnelle permet à un salarié de mobiliser son compte personnel de formation pour suivre une formation certifiante conduisant à un changement de métier ou de profession. Le salarié construit son projet et sollicite sa prise en charge auprès de l’association Transitions Pro. Pendant la formation, il peut obtenir un congé et le maintien de sa rémunération sous conditions. Le PTP a remplacé l’ancien congé individuel de formation : sa différence principale est l’adossement au CPF et à un projet de reconversion certifiant, alors que le CIF était le congé de formation individuel de l’ancien régime. Il ne faut pas confondre ce projet à l’initiative du salarié avec « TransCo », démarche collective anticipant des emplois menacés (documents 2 et 3, p. 8–9).
Question 2 — Conditions et situation du salarié
La brochure du dossier exige, pour le cas général, 24 mois d’ancienneté, consécutifs ou non, dont 12 mois dans l’entreprise à la date de départ en formation. Des règles particulières concernent les CDD. L’ancienneté n’est pas exigée pour les bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés et certains salariés licenciés pour motif économique ou inaptitude qui n’ont pas suivi de formation entre le licenciement et le nouvel emploi. Le salarié prépare un projet cohérent et une formation pertinente, peut consulter un conseiller en évolution professionnelle, demande par écrit l’autorisation d’absence 120 jours avant le début de la formation si l’interruption continue de travail dure au moins six mois, ou 60 jours avant si elle dure moins de six mois ou si la formation se déroule à temps partiel, puis présente sa demande de financement à Transitions Pro. La commission apprécie notamment cohérence du projet et perspectives d’emploi (document 3, p. 8–9).
Pendant la formation, le contrat est suspendu mais non rompu. Le salarié a le statut de stagiaire de la formation professionnelle, conserve sa protection sociale et une couverture contre les accidents du travail, justifie de sa présence, puis retrouve son poste ou un poste équivalent. La période compte pour l’ancienneté et les congés payés selon la brochure. Le maintien de la rémunération dépend des conditions de prise en charge : il ne faut pas le présenter comme inconditionnel (document 3, p. 8–9).
Question 3 — Intérêt pour l’employeur
Un PTP aide l’employeur à traiter une évolution de compétences : un salarié acquiert une qualification nouvelle tout en gardant un lien avec l’entreprise pendant son absence. Le dialogue sur le projet peut favoriser une transition préparée et réduire le risque d’une rupture improvisée. Toutefois, puisque le PTP vise souvent une reconversion externe à l’initiative du salarié, il n’assure pas le retour durable d’une compétence nouvelle dans l’entreprise. Il faut organiser le remplacement pendant la formation et distinguer ce dispositif de TransCo, qui part d’une analyse collective des emplois menacés et peut prendre en charge formation et salaire pour faciliter une reconversion sans licenciement (document 2, p. 8).
Question 4 — Enjeux de la formation professionnelle
La formation permet aux salariés de suivre les changements techniques et organisationnels, d’accéder à un autre emploi et de sécuriser leur parcours. Pour l’employeur, elle aide à combler les compétences manquantes, à adapter les méthodes et à anticiper les métiers qui changent. Le document 1 signale qu’en 2018 un actif sur trois avait connu une transition professionnelle et que la conscience des changements technologiques restait limitée : cela justifie un accès à la formation tout au long de la carrière, notamment pour les personnes peu qualifiées (p. 7). La formation doit déboucher sur des compétences utiles et accessibles ; elle ne dispense pas l’employeur d’améliorer les conditions de travail ni de prévoir les emplois disponibles.
Question 5 — Atouts de la VAE
La validation des acquis de l’expérience reconnaît des compétences obtenues au travail et dans l’expérience, sans imposer de refaire toutes les étapes d’une formation classique. Elle peut donner accès à un diplôme ou à une certification, améliorer l’employabilité, faciliter une évolution ou valoriser un travail déjà accompli. Une validation partielle permet de compléter les compétences manquantes par formation. Le document 4 décrit aussi sa limite : constituer le dossier et démontrer précisément les acquis devant un jury demande du temps et un accompagnement. La VAE est donc un moyen de reconnaissance et de progression, non une remise automatique de diplôme (p. 9).
Option « Comptabilité et finance »
Question 1 — Adapter le plan comptable
Les produits biologiques destinés à la revente appellent un sous-compte d’achats de marchandises, par exemple 607600 « Achats de produits biologiques revendus », et un sous-compte de ventes, 707600 « Ventes de produits biologiques ». Ils se distinguent des produits consommés lors des soins, portés dans le compte existant 601000 « Achats de produits ». Les comptes 707100 et 707500 permettent déjà de suivre les ventes de produits de soins pour le corps et le visage ; le nouveau sous-compte peut donc isoler la nouvelle gamme. L’individualisation est utile pour mesurer sa marge, contrôler les stocks et la TVA, et lire les résultats par activité ; le plan général n’impose pas une prolifération de comptes si une analytique fiable fournit le même suivi (annexe 1, p. 12).
Question 2 — Pièces à enregistrer et comptes annuels
Le bon de commande SOTHYS n° 14 du 11 décembre 2022, même chiffré à 8 575 € HT, n’est pas une facture et ne génère pas encore l’écriture demandée. La facture DIVINE ESSENCE n° 23-625 du 15 décembre porte sur 178,50 € HT moins 17,85 € de remise, soit 160,65 € HT, 32,13 € de TVA et 192,78 € TTC. L’escompte de 2 % concerne un règlement comptant qui n’est pas documenté ; il n’est pas déduit. Au journal AC, libellé « Facture DIVINE ESSENCE 23-625 », on débite 601000 Achats de produits 160,65 € et 445662 TVA déductible sur autres biens et services 32,13 €, puis on crédite 401-DIVINE ESSENCE Fournisseur 192,78 €. Les huiles et poudres entrent dans les soins ; si l’entreprise démontre qu’elles sont achetées pour être revendues, le sous-compte 607 adapté remplacerait 601 (annexe 2, p. 13).
La facture de vente EPITECH V36 du 17 décembre comporte 18 accès à 29 €, soit 522 € HT, et 18 soins à 42 €, soit 756 € HT. Au journal VT, libellé « Facture EPITECH V36 », on débite 411-EPITECH Client 1 533,60 € ; on crédite 706100 Accès balnéothérapie 522 €, 706200 Soins corps 756 € et 445710 TVA collectée 255,60 €. La facture précise « réglé par chèque ce jour » : au journal BQ du 17 décembre, on débite 512100 Société Générale 1 533,60 € et crédite 411-EPITECH 1 533,60 €, sous réserve de remise et d’encaissement effectifs du chèque ; si le chèque reste en caisse au 31 décembre, l’encaissement bancaire sera enregistré à sa remise. La facture augmente les produits 2022 de 1 278 € ; l’achat augmente les charges de 160,65 €, sous réserve d’inventaire du stock. La différence brute avant autres charges est 1 117,35 €. L’achat crée une dette fournisseur de 192,78 €, la TVA déductible et la TVA collectée alimentent les comptes fiscaux ; la vente crée une créance EPITECH, éteinte par le paiement. Un sous-compte 401 nominatif par fournisseur et un échéancier des factures rendent le suivi des dettes plus fiable que le seul 401000 global (annexes 1–2, p. 12–13).
Question 3 — Rapprochement bancaire au 30 avril
Le relevé bancaire clôt à 9 856,80 € créditeurs pour l’entreprise, tandis que le compte 512100 affiche 8 781 € débiteurs. Du côté de la banque, les chèques 125035 RENAULT de 369 € et 125036 HUBERT de 724 €, déjà comptabilisés par OBULLES mais non encore débités sur le relevé, totalisent 1 093 €. Le solde rapproché de la banque est donc 9 856,80 − 1 093 = 8 763,80 €. Le chèque FLORES de 230 € figure déjà dans les deux documents : aucun retrait supplémentaire n’est justifié (annexes 3–4, p. 14).
Du côté d’OBULLES, trois opérations du relevé manquent au compte 512100 : le prélèvement Orange 904 €, le virement SALEM 1 080 € et les 193,20 € de frais sur la remise à l’escompte (7 368 € comptabilisés pour FEDRUN et HAGARDE contre 7 174,80 € crédités par la banque). Le solde corrigé est 8 781 + 1 080 − 904 − 193,20 = 8 763,80 € : les deux côtés concordent. Au journal BQ, daté du 30 avril pour la régularisation, on débite 626100 Frais de télécommunications 904 € et crédite 512100 Société Générale 904 € (« Prélèvement Orange ») ; on débite 512100 1 080 € et crédite 411-SALEM Client SALEM 1 080 € (« Virement SALEM ») ; on débite 627500 Services bancaires – frais sur effets 193,20 € et crédite 512100 193,20 € (« Frais sur remises à l’escompte »). Le sujet ne détaille aucune TVA sur ces frais : on n’en invente pas. Les chèques en circulation n’engendrent pas de seconde écriture puisqu’ils sont déjà au compte de l’entreprise.
Question 4 — Spas : facture, bilan, amortissement
La facture HOT-SPA n° 2154 du 15 décembre 2022 comprend deux spas, malgré la formulation au singulier de la question. Le prix des appareils est 18 980 € HT et l’installation nécessaire à leur mise en service 1 100 € HT. Après remise exceptionnelle de 2 847 €, le coût à immobiliser est 17 233 € HT, soit 8 616,50 € par spa si la remise est répartie également. La TVA déductible est 3 446,60 € et le total TTC 20 679,60 €. L’acompte déjà versé de 5 694 € laisse 14 985,60 € à payer. Au journal AC le 15 décembre, libellé « Facture HOT-SPA 2154 », on débite 218800 Autres immobilisations corporelles – spas 17 233 € et 445620 TVA déductible sur immobilisations 3 446,60 €, puis on crédite 409100 Fournisseurs – avances sur immobilisations 5 694 € et 404-HOT-SPA Fournisseur d’immobilisations 14 985,60 €. Le règlement ultérieur du solde débitera 404-HOT-SPA et créditera 512100 pour 14 985,60 € sur la base de sa pièce bancaire ; la formule de la facture est une condition de paiement, pas une preuve de débit bancaire (annexe 5, p. 15).
Au 31 décembre 2022, les appareils figurent à l’actif pour 17 233 € de valeur brute. Ils ne sont mis en service que le 2 janvier 2023 : aucune dotation 2022 n’est à constater. La dette résiduelle figure au passif tant qu’elle n’a pas été payée, avec la TVA déductible au bilan. Sur quatre ans, la dotation annuelle en régime linéaire est 17 233 ÷ 4 = 4 308,25 €. En retenant le prorata des 364 jours de service de 2023 sur 365 jours, la première dotation vaut 4 296,45 €. Les dotations des exercices complets 2024, 2025 et 2026 sont chacune 4 308,25 € ; le solde de 11,80 € est porté en 2027 pour parvenir exactement à 17 233 €. Ce plan suppose un calcul au jour civil ; une convention comptable de prorata différente changerait les deux exercices d’extrémité, sans changer le coût ni la durée totale.
Au journal OD du 31 décembre 2023, libellé « Dotation spas HOT-SPA 2023 », on débite 681120 Dotations aux amortissements corporels 4 296,45 € et crédite 281880 Amortissements des spas 4 296,45 €. Cette charge réduit le résultat 2023 de ce montant, sans décaissement nouveau ; au bilan, la valeur nette comptable devient 17 233 − 4 296,45 = 12 936,55 €. La TVA ne fait pas partie de la base amortissable puisqu’elle est déductible.
Option « Problèmes économiques et sociaux »
Question 1 — Inflation et taux
L’inflation est la hausse générale et durable des prix des biens et services consommés. Elle se distingue de la hausse ponctuelle du prix d’un produit. En France, l’Insee suit un indice des prix à la consommation construit à partir d’un panier pondéré par les dépenses des ménages. Entre deux dates, le taux d’inflation est (indice final − indice initial) ÷ indice initial × 100. On peut le comparer au mois précédent ou au même mois de l’année précédente ; le dossier évoque notamment 2,8 % en décembre 2021 en glissement annuel, indicateur qui ne doit pas être confondu avec la moyenne annuelle. L’indice harmonisé utilisé pour les comparaisons européennes n’a pas exactement le même périmètre (document 1, p. 16–17).
Question 2 — L’inflation est-elle bénéfique ?
Une inflation faible et prévisible peut accompagner la croissance, éviter la baisse générale des prix et alléger en termes réels certaines dettes à taux fixe, à condition que revenus et activité suivent. Une inflation forte ou imprévue ampute le pouvoir d’achat des ménages dont les revenus ne s’ajustent pas, particulièrement lorsque énergie et alimentation augmentent. Elle brouille les prix relatifs, complique les investissements et redistribue entre débiteurs et créanciers. Le dossier décrit en 2021–2022 un choc d’énergie, de transports et d’approvisionnement qui se diffuse aux prix des biens et aux revendications salariales (document 1, p. 16–17). La question n’appelle donc pas un oui ou non absolu : niveau, durée, cause et évolution des revenus déterminent les effets.
Question 3 — Pouvoir d’achat et mesure
Le pouvoir d’achat est la quantité de biens et services qu’un revenu permet d’acquérir. Au niveau des ménages, on compare l’évolution du revenu disponible brut, après prestations sociales et impôts directs, à celle d’un indice des prix de consommation. Le rapport revenu nominal / indice de prix exprime le revenu en volume ; sa variation mesure celle du pouvoir d’achat. Une hausse des prix ne l’abaisse pas si les revenus augmentent davantage (document 2, p. 17–18). Pour interpréter une statistique globale, on peut la rapporter au nombre d’unités de consommation : l’évolution du total des ménages peut différer de celle ressentie par une personne ou une famille. L’indice moyen ne reproduit pas exactement le panier de chaque ménage, notamment ses dépenses contraintes d’énergie ou de logement ; le ressenti individuel peut donc diverger sans invalider la mesure statistique.
Question 4 — Instruments monétaires
La BCE fixe des taux directeurs : taux des opérations principales de refinancement et taux des facilités permanentes de prêt et de dépôt. Ils influencent le coût des liquidités bancaires et, par transmission, les taux de crédit. Par ses opérations d’open market, elle fournit ou retire des liquidités aux banques contre des titres et agit sur le marché monétaire. Elle peut aussi faire varier le taux de réserves obligatoires, fraction des dépôts immobilisée auprès de la banque centrale, même si le document précise que ce levier était alors peu utilisé (document 3, p. 18–19). Une hausse des taux ou des réserves tend à freiner le crédit et la demande ; une baisse a l’effet inverse. Les effets sont indirects et dépendent aussi de la confiance, de la situation des banques et de l’origine de l’inflation.
Option « Enjeux de la France contemporaine et de l’Union européenne »
Question 1 — Combats féministes des années 1970
Les mouvements revendiquaient le contrôle de la fécondité, l’accès effectif à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse. Ils dénonçaient également la répartition inégale des tâches ménagères et parentales, la dépendance économique, les inégalités au travail et les violences faites aux femmes. L’affiche de 1971 associe explicitement « boulot », lessive et enfants pour critiquer l’addition du travail rémunéré et du travail domestique ; elle réclame « contraception pour toutes et tous » et « avortement libre et gratuit » (document 4, p. 22). Les lois Neuwirth et Veil constituent des étapes législatives distinctes : contraception autorisée en 1967, décrets en 1971, IVG autorisée en 1975 selon la chronologie fournie (document 1, p. 20).
Question 2 — Études supérieures et emploi
Depuis les années 1960–1970, les femmes ont accédé beaucoup plus largement à l’enseignement supérieur et au marché du travail. Elles sont aujourd’hui en moyenne plus diplômées que les hommes, mais leurs orientations restent concentrées dans les filières médico-sociales, médicales et de sciences humaines ; cette répartition se retrouve dans les métiers du soin et des services (document 2, p. 21). Leur taux d’activité augmente depuis le milieu des années 1970 : le document indique 68 % des femmes de 15 à 64 ans actives en 2020, contre 75 % des hommes. La part des femmes parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures a doublé depuis 1980 pour atteindre 43 % en 2020. Les progrès ne suppriment ni la ségrégation professionnelle, ni les écarts de salaire : le revenu salarial moyen féminin restait inférieur de 22 % en 2019, avec un rôle du temps partiel et de l’accès inégal aux emplois les mieux payés. Ces chiffres décrivent les années citées dans le dossier, pas nécessairement la situation actuelle.
Question 3 — Évolution des droits sous la Ve République
Les droits ont progressé dans plusieurs domaines. Autonomie civile et économique : la réforme de 1965 permet à l’épouse de gérer ses biens propres et de travailler sans consentement du mari. Santé et vie familiale : loi Neuwirth de 1967 sur la contraception, loi Veil de 1975 sur l’IVG. Travail : loi Roudy de 1983 réaffirmant l’égalité dans recrutement, salaire, promotion et formation. Représentation politique et responsabilités : loi de 2000 sur l’égal accès aux mandats, complétée par l’article 1er de la Constitution en 2008. Protection contre les violences : loi de 2010 et ordonnance de protection (document 1, p. 20). La présence accrue de femmes au Parlement peut faire évoluer les sujets débattus, comme le montre l’étude reprise dans le document 3 (p. 21), mais égalité juridique et égalité de fait restent distinctes : les données sur l’emploi et le revenu du document 2 montrent les écarts persistants.