Surveillant pénitentiaire 2026 : corrigé du compte rendu

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Proposition de corrigé — non officielle. Concours de surveillant de l’administration pénitentiaire, première session 2026. Épreuve écrite d’admissibilité : compte rendu, durée 1 heure, coefficient 1.

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Le sujet demande de rendre compte d’une intervention auprès d’une personne détenue, puis des mesures destinées à prévenir une réitération. La proposition développe les diligences prévues par les deux annexes, tout en limitant les constatations et les résultats médicaux aux informations données. Elle ne constitue pas un protocole de secours.

Proposition de compte rendu

Maison d’arrêt de FRANCE — Quartier arrivant
Le surveillant Cédric DUPUIS
Au capitaine MARAIS, officier responsable de l’établissement

Objet : Intervention auprès de Mathieu LANDA, écrou n° 12007, cellule 115 du bâtiment B1, aile sud

J’ai l’honneur de vous rendre compte des faits survenus ce matin au quartier arrivant et des diligences entreprises.

De service de journée en qualité de surveillant référent du quartier arrivant, j’ai procédé vers 7 heures au contrôle de l’effectif de mon unité. À ma prise de service, j’ai pris en compte les clés, le moyen de communication et le coupe-liens dans son étui, porté à la ceinture conformément aux consignes de l’établissement.

Vers 7 h 10, lors de l’appel, à l’ouverture de la cellule 115 du bâtiment B1, aile sud, j’ai découvert Mathieu LANDA, écrou n° 12007, suspendu par un lien au niveau de la fenêtre. Il était conscient et paraissait présenter une détresse respiratoire.

Je vous ai immédiatement avisé. Vous m’avez demandé de mettre en œuvre le protocole d’intervention applicable à cette situation. J’ai transmis par radio l’alerte « CODE BLANC », en précisant le bâtiment, l’aile et la cellule. J’ai communiqué l’identité de la personne détenue, les circonstances de la découverte et son état apparent, et demandé une assistance immédiate. L’unité sanitaire devait être jointe sans délai ; en cas d’indisponibilité, l’alerte médicale devait être transmise au centre 15. J’ai également fait demander la confirmation de l’information du poste central d’information.

La priorité étant de porter secours, j’ai entrepris de libérer la personne détenue avec le coupe-liens, en prévenant sa chute et en recherchant l’aide disponible pour soutenir son corps. J’ai veillé à limiter les mouvements de la tête et du cou et à suivre les consignes médicales pour sa prise en charge. J’ai maintenu une observation de sa conscience et de sa respiration dans l’attente du relais sanitaire. Je n’ai pas laissé la personne seule pendant cette phase.

J’ai facilité l’accès des intervenants et leur ai transmis mes constatations ainsi que les actions réalisées. Les éléments matériels de l’incident devaient être préservés autant que possible, sans retarder le secours ni la prise en charge. Je n’ai procédé à aucun réaménagement de la scène qui ne soit nécessaire à l’intervention.

À 7 h 20, Mathieu LANDA a été présenté au médecin de l’unité sanitaire. Il a également été reçu par le psychologue. Vers 8 h 30, il a regagné sa cellule, sans préconisation d’hospitalisation portée à ma connaissance. Ce retour ne supprimant pas la nécessité d’une vigilance particulière, j’ai rendu compte de cette situation afin que la surveillance spécifique requise soit organisée et que ses modalités me soient précisées.

Pour la suite du service, je veille à l’application des consignes de surveillance arrêtées par la hiérarchie et à la transmission aux agents prenant la relève des informations nécessaires à la continuité de la prise en charge, dans le respect de la confidentialité. Toute nouvelle difficulté respiratoire, modification de la conscience, conduite préoccupante ou déclaration inquiétante doit entraîner une nouvelle alerte et un avis sanitaire adapté. Les observations et les transmissions sont à consigner selon les procédures de l’établissement.

Je sollicite la coordination de la hiérarchie et de l’unité sanitaire pour l’évaluation de la situation et les mesures de prévention à retenir. L’attention portée à Mathieu LANDA doit s’accompagner d’échanges avec lui et du maintien du lien avec les professionnels compétents. Je ne décide ni d’un traitement, ni d’une hospitalisation, ni d’une mesure d’isolement.

Le présent compte rendu retrace les circonstances de l’incident, l’utilisation du coupe-liens et les suites connues. Il est remis à la hiérarchie avant la fin du service. Le coupe-liens sera restitué dans son étui à la relève, avec les clés et le moyen de communication.

Le surveillant Cédric DUPUIS

Comprendre les choix du compte rendu

Respecter les horaires et l’état de la personne

La chronologie repose sur quatre repères : prise de service vers 7 heures, découverte vers 7 h 10, présentation au médecin à 7 h 20 et retour en cellule vers 8 h 30. Les horaires des renforts, de la coupe du lien ou de l’entretien psychologique ne sont pas donnés. Il serait inexact de leur attribuer une heure précise.

La personne est consciente, avec une détresse respiratoire apparente. La copie ne doit pas la décrire comme inconsciente, en arrêt cardiaque ou décédée. Elle ne peut pas davantage conclure à une guérison à 8 h 30 : l’absence d’hospitalisation et la nécessité d’une surveillance spécifique sont deux informations distinctes du sujet.

Donner une alerte exploitable et porter secours sans attendre

La fiche fournit un mode d’alerte local. La radio doit permettre de localiser immédiatement l’intervention et de faire mobiliser les agents et le relais médical. Le « CODE BLANC » est celui de cette annexe ; il ne faut pas en déduire un code universel valable dans tous les établissements.

L’alerte ne remplace pas le secours immédiat. Inversement, l’intervention ne dispense pas de prévenir le service de soins et la hiérarchie. L’accès des intervenants doit être facilité. L’agent décrit les faits observables et son action, sans affirmer qu’un tiers a reçu un message dont il n’a pas eu confirmation.

Utiliser le matériel prévu sans inventer un résultat

La seconde annexe impose le port du coupe-liens à la ceinture, sa remise à la prise de service et sa restitution à la relève. La première demande de prévenir une chute lors de la libération de la personne. Ces éléments relient le matériel à une action professionnelle concrète.

Le compte rendu mentionne l’usage de l’outil. Il ne lui attribue pas une défaillance, une blessure ou une difficulté que le scénario ne donne pas. Si l’une de ces circonstances avait existé, elle devrait être relatée précisément. Préserver les éléments matériels reste subordonné à la priorité du secours.

Ne pas appliquer automatiquement la PLS

L’annexe 1 associe la position latérale de sécurité à une personne consciente qui respire. Cette formulation ne doit pas être apprise comme une règle générale. Les références nationales de secourisme de juillet 2026, pages 36 à 38 distinguent la réponse à une personne consciente de celle à une personne ayant perdu connaissance ; elles tiennent aussi compte d’une origine traumatique et des consignes du service de secours. Dans ce scénario, l’état respiratoire et le risque de lésion du cou imposent une alerte médicale urgente et des gestes adaptés. Le corrigé évite donc de prescrire une PLS systématique ou une manipulation du cou.

Le rapport doit relater les gestes réellement effectués. Dans une copie fondée sur ce scénario, il est cohérent de préciser que la prise en charge suit l’évaluation de l’état et les consignes médicales, sans inventer une perte de connaissance pour justifier un geste.

Préparer la continuité de la surveillance

La commande porte aussi sur la prévention d’un nouvel incident. Répéter seulement « une surveillance spécifique s’impose » ne suffit pas : il faut rendre compte à la hiérarchie, demander les modalités à appliquer, assurer les transmissions et prévoir une nouvelle alerte en cas d’évolution préoccupante.

Le sujet ne fixe aucune fréquence de passage, aucun changement de cellule et aucun dispositif particulier. Le surveillant ne peut pas présenter ces décisions comme déjà prises. Il participe à la vigilance et à la circulation des informations utiles ; les choix médicaux relèvent des soignants et l’organisation du service de l’autorité compétente. Une mesure disciplinaire ne constitue pas une réponse automatique à cette situation.

Préparer sa copie en une heure

Une répartition possible consiste à consacrer dix minutes à la lecture et au relevé des faits, dix minutes au plan, trente-cinq minutes à la rédaction et cinq minutes à la relecture. C’est un repère d’entraînement, sans barème de jury.

Le plan suit l’intervention : découverte, alerte et secours, relais sanitaire, retour en cellule et continuité de la vigilance. Les explications figurant après le modèle servent à comprendre ce plan ; elles n’ont pas à être recopiées dans le compte rendu.

Avant de rendre la copie, il faut vérifier les noms, l’écrou, la cellule et les horaires, puis l’absence d’informations médicales ou de décisions inventées. Le sujet exige le nom d’emprunt Cédric DUPUIS et avertit qu’une autre indication d’identité serait éliminatoire. Le candidat n’utilise donc jamais son identité réelle pour signer.