Corrigé technicien 2026 : bâtiments et génie civil

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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2026. Concours externe, spécialité bâtiments et génie civil. Durée : 3 heures. Coefficient : 1.

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Les questions portent sur un chantier, la sécurité d’une école, les émissions carbone et la qualité de l’air intérieur. Deux données doivent rester distinctes : les 300 élèves ne constituent pas nécessairement l’effectif total de l’ERP ; le volume du chantier n’est pas chiffré et impose une hypothèse pour sa catégorie SPS.

Question 1 — Coordination SPS et DIUO — 4 points

a) Obligations du maître d’ouvrage — 1 point

Pour une opération de bâtiment ou de génie civil faisant intervenir plusieurs entreprises, y compris successivement et avec leurs sous-traitants, le maître d’ouvrage organise la coordination de sécurité et de protection de la santé. Il désigne un coordonnateur compétent, dès la conception, lui donne une mission contractuelle, des moyens et l’autorité nécessaire, puis veille à sa coopération avec les entreprises et le maître d’œuvre. Cette désignation ne décharge pas les autres acteurs de leurs responsabilités.

Dans le cas présenté, peinture, faux plafonds et éclairage constituent une rénovation avec plusieurs intervenants. La coordination doit traiter notamment les travaux en hauteur, l’électricité, les poussières et les interférences entre métiers. Le document 5 rappelle aussi le régime du plan de prévention pour les interventions d’entreprises extérieures : il faut qualifier l’opération et les conditions d’occupation, sans superposer automatiquement les deux régimes.

b) Mission du coordonnateur — 1 point

Une opération de troisième catégorie constitue l’hypothèse cohérente pour cette rénovation limitée aux vacances d’hiver, sous réserve des effectifs et du volume prévisionnel. Le sujet ne permet pas de vérifier définitivement ces critères. Une opération dépassant 500 hommes-jours, ou dépassant trente jours ouvrés avec plus de vingt travailleurs à un moment donné, relève au moins de la deuxième catégorie, hors critères de première catégorie.

La mission couvre conception et réalisation : prévention des interférences, organisation des accès et protections communes, inspections avec les entreprises, registre-journal et mise à jour du DIUO. Pour une opération de troisième catégorie comportant des travaux à risques particuliers au sens réglementaire, un plan général de coordination simplifié est requis. On ne peut pas affirmer son obligation sur le seul nom des corps de métier ; les risques doivent être analysés.

c) Contenu du DIUO — 2 points

Le dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage rassemble les éléments nécessaires pour entretenir ou modifier le bâtiment en sécurité : plans, notes techniques, localisation des réseaux, accès, équipements et protections prévus pour les interventions futures. Il identifie les risques et les conditions de maintenance, plutôt que de se limiter aux notices commerciales.

Pour la salle polyvalente, il comprendra notamment les plans actualisés des faux plafonds et de l’éclairage, les possibilités d’accès, les charges ou points d’appui utilisables, les consignes de consignation électrique, les notices de maintenance et les moyens adaptés au travail en hauteur. Les informations pertinentes sur les matériaux dangereux et leurs repérages y sont intégrées lorsqu’elles sont requises ; la seule date « 1999 » ne remplace pas l’analyse documentaire.

Le coordonnateur complète le dossier pendant les travaux, le remet au maître d’ouvrage à la réception avec un procès-verbal et assure la traçabilité de sa transmission. Le DIUO existant du bâtiment est utilisé et actualisé. Il accompagne les interventions futures et, le cas échéant, les mutations de propriété. L’INRS précise son contenu et sa mise à jour.

Question 2 — Sécurité incendie de l’école — 5 points

a) Classement et périodicité — 2 points

L’école maternelle relève du type R. Sa capacité maximale en élèves est :

10 × 30 = 300 élèves.

Elle dépasse le seuil des établissements de cinquième catégorie. Pour classer un ERP du premier groupe, on ajoute le personnel qui ne dispose pas de locaux indépendants avec leurs propres dégagements. Les enseignants et agents présents avec les enfants ne sont donc pas ignorés. Avec 300 élèves et ce personnel, l’effectif dépasse normalement 300 tout en restant dans la tranche 301 à 700 : troisième catégorie, sous réserve de confirmer l’effectif total admissible.

Pour un type R de troisième catégorie sans hébergement, le tableau du document 6 prévoit une visite périodique tous les trois ans. Le seul calcul de 300 élèves conduirait à tort à retenir la quatrième catégorie et cinq ans. Le plain-pied ne dispense pas du contrôle.

b) Obligations de la commune — 3 points

La commune assure la conformité, l’entretien et les vérifications des installations relevant de sa responsabilité d’exploitant ou de propriétaire. Le classement et l’effectif admis doivent être identifiés. Les travaux sont soumis aux autorisations nécessaires et leurs conséquences sur la sécurité sont examinées avant remise en service.

Elle maintient les dégagements et sorties libres, les accès des secours, l’éclairage de sécurité, les moyens d’alarme et de lutte contre l’incendie, les installations électriques et de chauffage ainsi que les autres équipements exigés pour l’établissement. Les matériaux et aménagements respectent les caractéristiques de réaction et de résistance au feu applicables. Les vérifications sont réalisées par les intervenants compétents selon leur nature.

Un registre de sécurité conserve contrôles, interventions, consignes, exercices et observations de la commission. La commune prépare les visites et traite les prescriptions. Avec la direction de l’école, elle organise l’information des personnels, les consignes d’alerte et d’évacuation, les exercices et l’accompagnement des enfants ou personnes nécessitant une aide. La visite triennale ne remplace ni la maintenance quotidienne ni les vérifications techniques.

Question 3 — Note sur les émissions carbone — 5 points

À l’attention du directeur des bâtiments communaux de Techniville
Objet : démarche et programme de réduction de l’empreinte carbone du patrimoine bâti

Réduire les émissions exige d’identifier les postes principaux, de fixer des priorités et de vérifier les résultats. La démarche doit intégrer l’usage, l’énergie et les matériaux, avec un programme compatible avec les moyens de la commune.

Établir une situation de référence

Un inventaire associera à chaque bâtiment ses surfaces, usages, périodes d’occupation, état, consommations, systèmes de chauffage et travaux prévus. Les factures et relevés seront consolidés sur une période représentative. Le bilan distinguera les émissions liées aux combustibles, à l’énergie achetée et aux postes indirects pertinents, notamment les travaux et achats. Des facteurs d’émission identifiés permettront de convertir les données en émissions de gaz à effet de serre, sans confondre euros, kilowattheures et tonnes de CO₂ équivalent.

À 40 000 habitants, Techniville ne dépasse pas le seuil de 50 000 habitants cité dans le dossier pour l’obligation de bilan des collectivités. Elle peut néanmoins engager volontairement ce diagnostic et l’articuler avec le PCAET de son intercommunalité. Les obligations propres aux bâtiments, dont le dispositif Éco Énergie Tertiaire pour les surfaces concernées, seront recensées séparément.

Agir à court terme sur les usages et l’exploitation

Dans les six premiers mois, désigner un responsable, former les équipes et fiabiliser le suivi. Ajuster les horaires de chauffage aux occupations, corriger les défauts de régulation, entretenir les installations, limiter les consommations inutiles et optimiser l’éclairage. Les consignes préserveront le confort, la santé et la qualité de l’air ; réduire la ventilation pour économiser l’énergie serait une mauvaise réponse.

La commune peut partager ou réorganiser des locaux sous-utilisés avant d’en construire de nouveaux. Chaque action sera accompagnée d’un coût, d’un responsable, d’une échéance et d’un gain estimé à partir des données du bâtiment.

Programmer les investissements à moyen terme

Sur un à trois ans, des audits cibleront les bâtiments les plus émetteurs et les opérations déjà nécessaires. Les scénarios associeront sobriété d’usage, rénovation de l’enveloppe, systèmes efficaces et remplacement des énergies les plus carbonées lorsque cela est adapté. Le réemploi, la conservation du bâti et le choix de matériaux à faible impact limiteront également les émissions des travaux.

Les opérations seront comparées en coût global, émissions évitées, confort d’été, entretien et continuité du service. La programmation intégrera études, financements, commande publique et phasage. Des indicateurs suivront les consommations corrigées autant que possible des effets climatiques et d’usage, les émissions et les coûts. La compensation évoquée dans le dossier ne remplace pas les réductions : financer un projet extérieur ne rend pas le bâtiment sans impact.

Question 4 — Qualité de l’air intérieur — 6 points

a) Obligations — 2 points

Les écoles sont soumises au dispositif révisé entré en vigueur en 2023. Il associe une évaluation annuelle des moyens d’aération avec mesure directe du CO₂, un autodiagnostic au moins tous les quatre ans, des campagnes de mesure des polluants réglementés aux étapes clés qui les déclenchent, et un plan d’actions actualisé.

L’évaluation vérifie notamment l’état et l’accessibilité des ouvrants, la ventilation et le renouvellement de l’air. Les campagnes réglementaires sont réalisées par des organismes accrédités dans les conditions et délais prévus. Les résultats, anomalies et suites sont conservés, les personnes concernées informées et les dépassements traités selon la procédure applicable. Le CO₂ renseigne sur le confinement : sa mesure ne remplace pas celle de tous les autres polluants.

b) Précautions pendant la rénovation — 2 points

Choisir des peintures, colles et revêtements faiblement émissifs, avec un objectif A+ pour les produits relevant de cet étiquetage, et examiner les informations techniques et sanitaires. Choisir le mobilier selon des critères adaptés plutôt que lui attribuer automatiquement le même étiquetage. Prévoir les travaux pendant l’inoccupation, isoler la zone, contrôler les poussières et ventiler.

Après les travaux, nettoyer, respecter séchage et délais de remise en usage, puis aérer durablement avant le retour des enfants. Déballer le mobilier neuf dans un espace ventilé non occupé. Contrôler que les entrées d’air et bouches n’ont pas été obstruées. Des matériaux « naturels » ne sont pas, par principe, exempts d’émissions ou de risques.

La campagne obligatoire dépend de la nature des travaux et des surfaces cumulées concernées, pas du seul mot « rénovation ». Pour l’école de dix classes de la question 2, le tableau du dossier retient un seuil de 50 % pour les étapes concernées ; une seule classe de surface comparable représenterait environ 10 %. Cela ne déclenche pas automatiquement cette campagne, mais il faut vérifier les surfaces réelles, les autres travaux sur six mois et les autres étapes clés. La question 4 ne précise pas que son école est celle de la question 2 : le nombre de classes et la surface totale doivent donc être confirmés.

c) Contrôles généraux — 2 points

Surveiller les concentrations de CO₂ dans des conditions représentatives d’occupation, vérifier débits et fonctionnement de la ventilation, entretenir filtres et bouches, et contrôler les pratiques d’aération. Rechercher humidité, moisissures, infiltrations et sources de polluants dans les matériaux, produits d’entretien ou activités. Les observations des utilisateurs complètent ces contrôles.

L’entretien privilégie des produits adaptés, peu nombreux et correctement dosés, stockés hors des espaces occupés ; les mélanges dangereux sont évités. En cas de problème, identifier la source, corriger puis vérifier l’efficacité de l’action. Un capteur ou un purificateur ne doit pas servir à masquer un défaut d’aération ou une émission persistante.