Technicien d’art 2025 : corrigé de céramique
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Proposition de corrigé — non officielle. Concours externe de technicien d’art de classe normale, métiers de la céramique, session 2025, épreuve écrite d’admissibilité.
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Analyse de l’assiette et programme de fabrication
Les photographies montrent une assiette à aile chantournée, décorée d’oiseaux et d’éléments végétaux. Le centre blanc reçoit une scène naturaliste ; les réserves de l’aile portent d’autres oiseaux. Un fond bleu, des ornements et des filets dorés encadrent ces peintures. Le revers fait apparaître le talon et des marques. Leur présence ne permet pas, à elle seule, de déduire une recette de pâte ou une date exacte : ces renseignements demanderaient la fiche de fabrication et une lecture certaine des marques.
L’objectif est d’obtenir une forme régulière, compatible avec un service de table, puis un décor fidèle au modèle. Le programme ci-dessous retient le calibrage de la forme et la peinture naturaliste au petit feu comme techniques à développer. C’est une proposition de procédé cohérente avec l’objet observé ; les photographies ne constituent pas un relevé complet de sa fabrication historique.
Fabrication — Développer le calibrage
Préparer le modèle, le moule et la pâte
Le modèle doit préciser diamètre, profil du bassin, hauteur du talon et tracé du bord. Les dimensions de la pièce crue tiennent compte du retrait de la pâte au séchage et à la cuisson. Ce retrait doit être connu pour la pâte et le cycle employés : aucun pourcentage n’est fourni par le sujet.
Un moule en plâtre reproduit une face de la forme. Une pâte plastique homogène, préparée sans poches d’air, est placée sur le moule. Le plâtre absorbe progressivement de l’eau et facilite le raffermissement. La quantité de pâte, son humidité et le centrage doivent rester réguliers pour éviter les différences d’épaisseur.
Mettre en forme et reprendre le bord
Le moule tourne tandis qu’un calibre profilé répartit la pâte et donne le profil de l’autre face. Il faut contrôler l’épaisseur, la continuité du bassin et la formation du talon. Une paroi trop mince se déforme ou se fragilise ; un excès d’épaisseur rend le séchage moins homogène.
La rotation produit une forme de révolution. Elle ne suffit donc pas à expliquer les découpes chantournées du bord. Le contour particulier peut être repris à l’aide d’un gabarit et d’outils, après raffermissement suffisant de la pâte, selon le procédé retenu. Un démoulage trop précoce déformerait l’aile ; trop tardif, il pourrait provoquer des contraintes. Les coutures ou irrégularités sont réparées, et le bord est adouci sans modifier le dessin du modèle.
Sécher, cuire et émailler
Le séchage doit être progressif et homogène, notamment entre bassin, aile et talon. On contrôle fissures, gauchissement et régularité du profil avant la première cuisson. La Manufacture de Sèvres décrit un dégourdi vers 980 °C, puis un émaillage et une cuisson de grand feu, pouvant atteindre 1 380 °C selon la pâte. Ces repères ne remplacent pas le programme propre à l’assiette : la photographie n’identifie pas sa pâte.
L’émail est appliqué régulièrement, par exemple par trempage pour obtenir le fond blanc. La surface d’appui est préparée afin d’éviter l’adhérence au support. Après cuisson, on écarte les pièces présentant fissure, déformation, défaut d’émail ou irrégularité incompatible avec le décor.
Référence : les métiers de façonnage de Sèvres.
Décoration — Développer la peinture naturaliste
Organiser le fond et les réserves
Un relevé du décor situe la scène centrale, les cartouches, les limites du bleu et les motifs dorés. Les réserves blanches doivent rester propres et régulières. Le fond coloré est posé de façon uniforme, puis cuit selon la couleur choisie. La couleur bleue visible ne permet pas de décider si elle a été cuite au grand ou au petit feu : il faut le modèle et la fiche des matières. Sèvres décrit notamment l’application de fonds au petit feu, dont le bleu de Sèvres.
Peindre les oiseaux et les végétaux
Le peintre reporte les repères du modèle sur la surface émaillée, sans laisser de tracé gênant. Il prépare les couleurs céramiques et leur véhicule dans les conditions adaptées à l’atelier. Le dessin établit d’abord les proportions, la pose de l’oiseau et les lignes de la branche. Les plages de couleur donnent le volume, puis des touches fines construisent plumage, bec, pattes et détails végétaux.
Les couleurs ne réagissent pas toutes de la même façon à la cuisson. Le peintre s’appuie sur les essais et palettes cuits, plutôt que sur l’aspect de la couleur fraîche. Des cuissons successives au petit feu et des reprises peuvent être nécessaires. Elles sont ordonnées pour préserver les couches précédentes, éviter les incompatibilités et obtenir les nuances voulues. Le résultat doit conserver la lisibilité naturaliste sans épaissir excessivement la matière.
Dorer et terminer
Les filets et ornements sont appliqués au pinceau avec la préparation de métal précieux adaptée. Après cuisson, la dorure peut présenter un aspect mat. Le brunissage, notamment avec une pierre d’agate ou d’hématite, lui donne l’éclat recherché sans endommager le support. La Manufacture décrit cette succession peinture, dorure, cuisson et brunissage ; on ne peut pas attribuer un nombre exact de cuissons à l’assiette à partir des photos seules.
Le contrôle final porte sur l’unité du bleu, la netteté des réserves, les proportions des oiseaux, la continuité des filets et l’absence de défauts de cuisson. Les marques sont appliquées aux étapes prévues par l’atelier et consignées avec la fiche de la pièce. La reproduction doit rester conforme au modèle, sans inventer un motif absent ni transformer l’assiette en objet de forme différente.