Technicien principal 2024 : végétaliser les cours d’école
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Proposition de corrigé — non officielle. Session 2024. Interne et troisième concours — espaces verts et naturels. Durée : 4 heures. Coefficient : 1.
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Les réponses expliquent les raisonnements et les calculs. Pour les compositions et les analyses, plusieurs réponses argumentées sont possibles ; cette proposition n’est pas validée par le jury.
Question 1 — Note au directeur général des services techniques
Ville de Techniville — Service espaces verts
Note à l’attention du DGST
Objet : méthode de programmation de la végétalisation des cours d’écoles
La transformation des cours vise à réduire l’inconfort lié à la chaleur, à favoriser la gestion des eaux pluviales et à offrir des espaces de jeu plus variés. Elle peut aussi rapprocher les enfants du vivant et améliorer le partage de la cour. Pour Techniville, qui compte 35 écoles, il convient de construire un programme progressif, compatible avec les moyens du service et les contraintes de fonctionnement scolaire.
Un diagnostic commun pour établir les priorités
Le recensement doit utiliser une grille comparable pour les 35 écoles : exposition au soleil, ombrage, état et perméabilité des sols, présence végétale, ruissellement, réseaux, accessibilité, usages et besoins d’entretien. Les plans sont complétés par des visites, des observations aux heures de récréation et des échanges avec les équipes scolaires et périscolaires.
La grille doit également décrire les espaces calmes, les jeux collectifs, les conflits d’usage et les possibilités de surveillance. Le nombre d’enfants, leurs âges et les besoins particuliers influencent le projet. Une cour très minérale n’est pas seulement un problème de surface : son organisation peut aussi concentrer les activités et exclure certains usages.
Les écoles sont ensuite hiérarchisées selon l’urgence climatique, les dysfonctionnements constatés, les possibilités techniques et les travaux déjà programmés. Les contraintes de réseaux ou de sol doivent être connues avant de retenir une solution d’infiltration. Les scores servent à expliciter l’arbitrage ; ils ne remplacent pas l’examen des situations. Dans l’exemple de grille du dossier, les scores les plus faibles correspondent aux priorités les plus élevées.
Programmer, expérimenter et évaluer
Un site pilote permet de tester la conception, le chantier et l’entretien avant d’étendre les solutions. Le programme pluriannuel distingue diagnostics, études, travaux et fonctionnement. Il prévoit les moyens nécessaires au suivi des jeunes plantations, notamment pendant les vacances, plutôt que de limiter le budget à leur achat.
La conception associe bâtiments, voirie, eau, espaces verts, éducation et utilisateurs. Elle répartit les usages, conserve les accès indispensables et choisit des végétaux adaptés au sol, au climat et à la présence d’enfants. Les travaux les plus perturbants sont organisés pendant les vacances ; la plantation respecte une période favorable à la reprise, avec un éventuel phasage complémentaire.
L’évaluation compare l’état initial et les résultats : surfaces perméables, ombre réellement disponible, confort, écoulement de l’eau, diversité des usages, incidents et temps d’entretien. Le retour des élèves et des agents complète les mesures. Le programme peut ainsi être ajusté avant chaque nouvelle tranche, au lieu de reproduire un aménagement identique dans toutes les écoles.
Question 2 — Pilotage et calendrier
a) Une organisation transversale
Un comité de pilotage réunit les élus concernés, la direction générale et les directions techniques et éducatives pour valider priorités, budget et calendrier. Un chef de projet coordonne un groupe technique associant espaces verts, bâtiments, voirie, eau, achats et prévention. Les directions d’école et les équipes périscolaires participent à la définition des usages ; les enfants et les parents sont consultés selon des modalités adaptées.
Les responsabilités sont explicites : les utilisateurs expriment et discutent les besoins, les professionnels vérifient la faisabilité, le comité de pilotage arbitre. Un interlocuteur identifié suit les décisions et les réserves jusqu’à leur résolution.
b) Les grandes étapes
| Étape | Travaux et décisions | Acteurs | Calendrier proposé |
|---|---|---|---|
| Diagnostic | Inventaire des 35 écoles, visites, usages, réseaux, sols, état initial et priorités | Chef de projet, services techniques et éducation, écoles, élèves, agents | Septembre à décembre de l’année N |
| Conception | Scénarios du pilote, concertation, choix techniques, chiffrage et validation | Équipe projet, concepteurs, utilisateurs ; arbitrage du comité de pilotage | Janvier à avril N+1 |
| Préparation de la réalisation | Consultation des entreprises, coordination du chantier, commandes et information | Achats, services techniques, entreprises, direction d’école | Printemps N+1, avec anticipation des délais |
| Réalisation | Travaux de sols et équipements, réception, puis plantations à la période adaptée | Entreprises et/ou régie selon les capacités ; contrôle du chef de projet | Vacances d’été N+1 ; plantations possibles à l’automne |
| Évaluation | Suivi de reprise, usages, confort, eau et coûts ; corrections avant extension | Agents, école, élèves, services techniques, comité de pilotage | Dès la remise en service puis à 6 et 12 mois, avec observation estivale |
Sur téléphone, faites défiler le tableau horizontalement.
Ce calendrier est une proposition, pas une date imposée par l’énoncé. Les consultations et les études peuvent exiger un délai supplémentaire. Les premières mesures doivent être prises avant travaux pour permettre la comparaison.
Question 3 — Projet pour l’école pilote
a) Une esquisse d’organisation
L’école accueille 147 enfants du CP au CM2. L’esquisse conserve les bâtiments, le préau à droite, l’accès depuis la rue Saint-Sauveur et les circulations indispensables. Elle propose des usages complémentaires, sans faire disparaître les jeux de ballon demandés par les enfants.
L’esquisse schématise l’implantation de l’annexe ; elle n’est pas un plan d’exécution coté. Le nord reprend l’orientation oblique du plan fourni. Les surfaces exactes restent à mesurer : une valeur en mètres carrés déduite d’un dessin sans échelle fiable serait trompeuse.
b) Justification des aménagements
Végétalisation et sols. Je propose de viser environ un tiers de la surface extérieure non bâtie en pleine terre ou massifs, sous réserve du relevé et de la validation des usages. Le reste comprend les cheminements, le préau et des espaces de jeu dont certains peuvent devenir perméables. Cette proportion constitue un objectif de conception, pas une mesure de l’existant.
Des arbres d’ombrage sont installés dans des fosses suffisamment généreuses, à distance des façades et des réseaux. Selon le sol et le climat local, des érables champêtres ou des charmes peuvent être étudiés ; le choix final doit être adapté au site, à leur développement adulte et aux contraintes sanitaires. Des arbustes bas et des vivaces robustes délimitent les espaces tout en préservant la surveillance. Les espèces toxiques, très épineuses ou incompatibles avec les usages sont écartées.
Le sol au pied des arbres est protégé du tassement. Les zones plantées reçoivent un paillage adapté ; les parcours accessibles restent stables et praticables par tous les temps. Un matériau perméable n’est pas automatiquement adapté à chaque usage : les surfaces de jeu doivent aussi répondre aux besoins de sécurité et d’entretien.
Des espaces diversifiés. L’espace central conserve une aire active de ballon, avec une organisation évitant qu’un seul groupe occupe toute la cour. Les zones calmes accueillent lecture, cartes et échanges, à proximité d’assises et d’ombre. Le préau, identifié comme une priorité par les enfants, reçoit des équipements sobres et robustes permettant plusieurs usages. Un espace de découverte végétale ou un petit jardin pédagogique complète l’ensemble, sans conditionner son entretien à la seule disponibilité d’un enseignant.
Les portes, issues, accès de secours et cheminements restent dégagés. Les jeux calmes ne sont pas placés dans les trajectoires des ballons ; les plantations basses conservent des vues entre les espaces. Le mobilier est accessible, stable et réparable.
Gestion de l’eau. Les revêtements imperméables sont retirés là où c’est possible. Une noue peu profonde en périphérie peut recevoir une partie des ruissellements après vérification des pentes, de la perméabilité, des réseaux et de la qualité des sols. Son trop-plein doit être étudié ; il ne faut pas raccorder arbitrairement l’ouvrage au cours d’eau représenté près du site. Les zones basses existantes et les risques de stagnation appellent une attention particulière, notamment pour éviter flaques durables et accès glissants.
Question 4 — Entretien en gestion différenciée
Les enjeux propres à une école sont la sécurité, la visibilité, la résistance au piétinement, l’usage intensif et la continuité d’entretien pendant les congés. La gestion différenciée adapte l’intervention à chaque zone ; elle ne signifie pas l’absence de suivi.
| Zone | Entretien proposé | Fréquence indicative et organisation |
|---|---|---|
| Cheminements, préau et aire active | Propreté, contrôle des obstacles, état des sols et du mobilier | Surveillance à l’ouverture ; nettoyage selon fréquentation et événements |
| Jeunes arbres et massifs | Arrosage de reprise selon météo, désherbage manuel ciblé, contrôle des attaches et paillage | Passage hebdomadaire en période sensible les premières années, ajusté aux besoins ; organisation prévue l’été |
| Végétation basse des zones de passage | Maintien de la visibilité et des limites, taille raisonnée | Contrôle régulier ; interventions saisonnières adaptées aux espèces et usages |
| Noue et surfaces perméables | Retrait des déchets, contrôle des entrées et du trop-plein, détection du colmatage | Inspection après fortes pluies et contrôle périodique ; intervention avant perte de fonctionnement |
| Jardin pédagogique | Suivi des plantations et du matériel ; relais pendant les congés | Répartition écrite entre école et service, avec un responsable permanent identifié |
Sur téléphone, faites défiler le tableau horizontalement.
Le responsable de secteur planifie les interventions avec l’école et évite les opérations incompatibles avec la présence d’enfants. Les agents sont associés au choix des équipements et disposent d’un suivi des temps passés. Les produits phytosanitaires ne constituent pas la réponse normale à l’entretien de cette cour.
Pour donner un ordre de construction budgétaire, une hypothèse, à confirmer après métrés, serait : 180 heures annuelles à 32 € de coût complet, soit 5 760 €, auxquelles s’ajouteraient 1 200 € de fournitures et remplacements et 800 € d’eau et de prestations, soit 7 760 € par an. Ce montant n’est ni un devis ni un coût tiré du dossier. Il concerne seulement le pilote ; il ne faut pas le multiplier mécaniquement par 35 sans tenir compte des surfaces et des organisations existantes. Le suivi réel permettra de réviser l’hypothèse, particulièrement pendant les premières années de reprise.
Question 5 — Participation et communication
a) Faire participer aux décisions accessibles
La démarche commence par des observations et des parcours commentés avec les enfants, les enseignants, les animateurs et les agents. Des petits groupes permettent aux usages moins visibles de s’exprimer. Le questionnaire de l’annexe sert de base, mais ne remplace pas l’analyse des conflits d’espace, de l’ombre et des déplacements.
Des ateliers confrontent ensuite plusieurs organisations de la cour. On indique ce qui peut être choisi, ce qui dépend d’une étude et ce qui relève d’une exigence de sécurité. Les propositions sont restituées avec les décisions prises, y compris lorsqu’un souhait n’est pas retenu. Cela évite une consultation sans effet compréhensible.
La participation peut se poursuivre par des plantations adaptées à l’âge, des observations de biodiversité et un bilan d’usage après travaux. Elle ne transfère pas aux enfants la responsabilité de l’entretien ou de la sécurité. Une nouvelle consultation après la première saison chaude permet de corriger les dysfonctionnements.
b) Informer aux moments utiles
Avant les travaux, une réunion et un document court présentent le projet, son calendrier et les conséquences pratiques pour les entrées, les activités et les vacances. Un affichage à l’école et les canaux habituels de communication aux familles permettent de toucher aussi les personnes qui ne consultent pas le site municipal.
Pendant le chantier, des informations régulières portent sur l’avancement, les accès et les éventuels changements de calendrier. Elles doivent rester compréhensibles et indiquer le contact compétent. Après la remise en service, une visite présente les différents espaces et leurs usages ; les enfants peuvent contribuer à une signalétique simple.
Enfin, la ville publie un bilan proportionné : ce qui a été aménagé, les premiers retours, les difficultés rencontrées et les adaptations décidées. Des photographies et un schéma facilitent la compréhension, dans le respect des règles applicables aux images des enfants. La communication accompagne ainsi l’usage et l’évaluation, au lieu de se limiter à l’inauguration.